mardi 30 janvier 2007
Voyageurs et écrivains égyptiens en France au XIXe siècle (Anouar Louca)
Voyageurs et écrivains égyptiens
en France au XIXe siècle
un livre de Anouar Louca (1970)
Avant-propos
Introduction :
Voyageurs égyptiens en France avant le XIXe siècle
Panorama du sujet. Limites, objets, méthode
Première partie : les missions scolaires
I) L'école égyptienne de Paris (1826-1835)
II) Rifa'a At-Tahtawi (1801-1873)
III) L'école militaire égyptienne (1844-1849)
IV) Ali Mubarak (1824-1893)
V) Les missions scolaires dans la seconde moitié du XIXe siècle
VI) Résultats
Deuxième partie : journalistes libéraux
I) L'Égypte Kédiviale et les journalistes bannis
II) Adib Ishaq (1856-1885)
III) Muhammad Abduh (1849-1905)
IV) Abou Naddara (1839-1912)
Troisième partie : touristes lettrés
I) L'Égypte aux Expositions Universelles de Paris (1867, 1878, 1889, 1900)
II) Abdallah Fikri et ses Compagnons (1889)
III) Les Voyages d'Ahmad Zaki (1892-1900)
IV) Al-Bakri et Al-Muwaylihi (1889-1900)
Conclusions
Notes complémentaires
Essai de Bibliographie systématique : Généralités ; Bibliographie de l'introduction, de la première partie et des deuxième et troisième parties
Index des noms de personnes
Index des noms de lieux
Index bibliographiques
table des matières analytique
Anouar Louca (12 avril 1927 - 4 août 2003)
- article de Fawziya Assaad dans al-Ahram (2003)
- les archives scientifiques de Anouar Louca (travaux préparatoires de ses publications, notes...) ont été déposées par sa veuve à la Bibliothèque publique et universitaire de Genève, département des manuscrits
- sur Rifâ'a at-Tahtâwî (1801-1874) : un article de Saïd Ismaïl Alî

Rifâ'a at-Tahtâwî,
auteur de l'Or de Paris
dimanche 21 janvier 2007
Mosquée de Paris : images d'un édifice
Mosquée de Paris : images d'un édifice

pochette de cartes postales, 1925 (?)

fin des années 1920 (1929 ?)
cliquer sur l'image pour l'agrandir

grand patio et vasque centrale

galerie du jardin ; à droite porte donnant accès au grand patio

mosquée vue de la rue Daubenton

mosquée et minaret vus du square

la Mosquée de Paris au début des années 1930 (entrée dispensaire)

entrée du salon de thé, du souk et du restaurant

mosquée vue sur l'entrée du dispensaire
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extrait des commentaires...
Merci de préciser que la première pierre a été pose par le
Chambellan de sa Majeste Impériale le Sultan du Maroc puis inauguration
à la fin des travaux par le Sultan en personne accompagné par le
président de la République Doumergue.
La France a offert le terrain.
La souscription publique lancée dans le monde musulman a surtout
rencontré un large succès au Maroc d'où sont venus les 3/4 des fonds
nécessaires à sa construction.
...et réponse
Ce commentaire appelant à la précision... manque lui-même singulièrement de précision. De plus, en histoire, il faut citer ses références ou ses sources.
J'ai publié dans l'Histoire de l'islam et des musulmans en France du Moyen Âge à nos jours (p. 723-727), un récit des inaugurations de la Mosquée de Paris que je récapitule et précise ci-dessous :
- 22 mars 1922 : cérémonie d'orientation de la mosquée par la détermination géomagnétique de la qibla, en présence de Si Kaddour Ben Ghabrit, Ababou (chambellan du sultan) et Ben Sayah (astronome à Fès) ; le gouvernement français était représenté par Maurice Colrat ;
- 19 octobre 1922 : pose de la première pierre du mihrab, en présence des délégués des deux sultans du Maroc et de Constantinople, du maharadja de Kapurthala et de Farid Bey représentant le gouvernement kémaliste de la Turquie ; l'autorité française s'exprima en la présence du maréchal Lyautey qui eut l'élégance de ne pas porter lui-même le coup de piochette mais d'en confier le soin à un ministre marocain ;
- 15 juillet 1926 : inauguration de la mosquée en présence de Si Kaddour ben Ghabrit, du président de la République, Gaston Doumergue, et du sultan du Maroc, Moulay Youssef ;
- 16 juillet 1926 : inauguration de la salle des prières - cérémonie uniquement musulmane - en présence de Moulay Youssef et du cheikh algérien Ahmad al-‘Alâwî (confrérie ‘alâwiyya de Mostaganem) ;
- 12 août 1926 [ce fait ne figure pas dans le livre cité ci-dessus] : inauguration de la salle des conférences de l'Institut musulman de la Mosquée de Paris, en présence du Bey de Tunis, Sidi Mohamed el Habib ; Georges Leygues, ministre de la Marine représentait le gouvernement de la République.
Il ne faut donc pas chercher à tirer la couverture sur un seul pays. La plupart des pays musulmans ont participé à la consécration institutionnelle et religieuse de la Mosquée de Paris. En 1922, 1926 ou encore après.
Par ailleurs, je ne sais pas d'où vient cette affirmation que les trois quarts des fonds proviendraient du Maroc... La France a voté une subvention de 500 000 francs (loi promulguée le 19 août 1920 par le président de la République), la Ville de Paris a voté une subvention de 1 620 000 francs (15 juillet 1920) destinée à l'achat du terrain, et des fonds ont été levés dans les pays musulmans colonisés par la France. Pour quels montants ?
Le 22 mai 1925, à la séance de la Commission interministérielle des Affaires musulmanes, Si Kaddour ben Ghabrit "expose l'état d'avancement des travaux de la Mosquée de Paris dont l'achèvement a été prévu pour le mois d'octobre prochain. Il indique [que] les souscriptions consenties par les Musulmans de nos possessions et pays de protectorat sont à peu près recouvrées. Ces souscriptions se sont élevées, en chiffres ronds, à 3 250 000 francs pour le Maroc, 3 500 000 pour l'Algérie, 692 000 francs pour la Tunisie, et 240 000 francs pour les autres colonies françaises" (archives du Ministère des Affaires étrangères, Levant, 1918-1940, Arabie-Hedjaz, volume 33 : Pèlerinage à la Mecque, 1922-1927).
Il n'y a donc pas de prépondérance marocaine dans le financement de la Mosquée de Paris. L'influence du Maroc s'est, par contre, exercée de manière décisive pour la conception architecturale et artistique.
Michel Renard
14 février 2008

toit à bulbe octogonale et petits bulbes circulaires sur
le hammam, toit conique de la salle de prière et minaret
samedi 20 janvier 2007
Hôpital du Jardin Colonial
l'hôpital du Jardin Colonial
de Nogent-sur-Marne
- C'est à la fin de l'année 1914, que la décision est prise d'utiliser les pavillons du Jardin Colonial de Nogent-sur-Marne pour accueillir des blessés.

Ambulance coloniale à Nogent sur Marne ; photographie
tirée du livre Dans la Paix, Vie de Sœur Marie-Cléophas (source)

sortie d'une séance cinématographique (source)

Nogent, Jardin colonial - M.Clementel ministre des colonies
et le chef de musique de la Garde Républicaine (source)

Remise de décorations par le Général Lyautey
6 Mars 1916. "À l'hôpital Musulman du Jardin Colonial de
Nogent-sur-Marne le Général Lyautey, Résident Général de France
au Maroc décore nos glorieux soldats d'Afrique".
vendredi 19 janvier 2007
au sujet du livre de Sadek Sellam (Alain Messaoudi)
au sujet du livre de Sadek Sellam
une introduction subjective
mais vivante à la situation contemporaine
de l’islam en France
Alain MESSAOUDI
S. Sellam, La France et ses musulmans. Un siècle de politique
musulmane. 1895-2005, Fayard, 2006, 392 p.
La parution de cet ouvrage chez un éditeur d’histoire générale à large
diffusion témoigne d’un regain d’intérêt pour l’histoire de l’islam en
France, regain qui s’inscrit dans un mouvement plus général de relecture
de la période coloniale en considérant son héritage actuel, cinquante
ans après les indépendances politiques.
Loin d’être une œuvre de circonstance rapidement écrite pour surfer sur
une vague médiatique, ce livre est le fruit de longues années de travail
et de ruminations. Il approfondit les jalons déjà posés dans un
précédent ouvrage paru il y a près de vingt ans (L’Islam et les
Musulmans en France. Perceptions, craintes et réalités, Tougui, 1987).
Il s’articule en trois volets. Le premier («L’islam en France, une
présence séculaire»), part des musulmans. Sous la forme de neuf
chapitres ordonnés chronologiquement, il indique sous forme de flashes
les premiers témoignages de la présence de l’islam en France avant 1895,
puis présente les milieux islamophiles des comtistes au Collège libre
des sciences sociales et à la Revue de l’islam (1895-1902).
Il donne
ensuite un aperçu du milieu des convertis, autour de la Fraternité
musulmane (1907-1926), avant d’évoquer l’islam dans l’immigration
ouvrière, ses courants réformiste (avec la figure de Malek Bennabi) et
confrérique, et l’œuvre du Centre culturel islamique de Paris
(1952-1971), où des intellectuels musulmans venus d’horizons nationaux
divers se rencontrent, avec un ouverture aux non-musulmans et au
dialogue inter-religieux, autour en particulier de Muhammad Hamidullah
et Haïdar Bammate. Fort de recherches de première main, il met en
évidence l’intérêt de revues et de groupes tombés dans l’oubli. On peut
espérer que ces premiers sondages susciteront de nouveaux travaux
historiques. Les deux autres volets envisagent la question de l’islam
non plus du point de vue des fidèles, mais du point de vue de l’État : à
une partie sur «La France et ses sujets musulmans (1830-1947)» fait
écho une autre sur «La France et ses citoyens musulmans (1947-2004)».
Porté par un engagement à la fois religieux et civique, l’auteur ne
mâche pas ses mots et juge sévèrement la situation contemporaine et les
compromissions passées et présentes de l’État français. Les convictions
du musulman, proche de la tradition du réformisme algérien des oulémas,
sont sensibles. Le ton n’est pas parfois sans une certaine véhémence,
tonnant contre la faiblesse de la culture de la presse généraliste en
matière d’islam – il vise en particulier Le Monde – et contre la
prépondérance dans le monde académique d’une approche de l’islam en
terme de sciences politiques, qui aurait eu pour conséquence de mettre
en avant un fondamentalisme musulman ultra-minoritaire, arbre cachant la
forêt d’un «islam des familles» ritualiste, néo-réformiste et
apolitique, largement répandu en France.
La politique gouvernementale qui, depuis les années 1980, vise à contrôler et à encadrer l’islam en France d’une façon de plus en plus volontariste est accusée de n’avoir pas rompu avec le péché originel d’une politique coloniale mêlant politique et religion. La façon dont l’État français a indéfiniment reporté l’application de la loi de 1905 portant séparation des églises et de l’État est, pour l’auteur, au cœur des difficultés actuelles. Il est particulièrement critique pour les responsables musulmans de la société des habous et de la mosquée de Paris (dont il souligne avec regret que l’institut d’études prévu initialement soit toujours resté une fiction), les algériens Kaddour Benghabrit (en 1917) puis Hamza Boubakeur (nommé en 1958 par Guy Mollet, et resté en place jusqu’en 1982). Il y voit l’origine de la «pluriétatisation du culte musulman en France (1982-1990)» : le modèle de la mosquée de Paris contrôlée par l’Algérie aurait inspiré les autres États qui auraient cherché à leur tour à contrôler chacun un «secteur» (mosquées d’Évry, de Mantes-la-Jolie, des Mureaux, de Lyon…), aboutissant au monopole de la «bande des quatre» (mosquée de Paris, UOIF, FNMF et Tabligh), à ses yeux peu représentatifs de la réalité de l’islam en France.
Il présente
cependant favorablement les tentatives de plusieurs ministres de
l’Intérieur en direction d’une nouvelle approche de l’islam :
constitution du CORIF (Conseil de réflexion sur l’islam en France,
Pierre Joxe, 1990), projet d’École des hautes études islamiques
(Jean-Pierre Chevènement, 1992), élection du CFCM (Conseil français du
culte musulman, Daniel Vaillant et Nicolas Sarkozy, 2002-2003). La
liberté de ton, et la richesse de la documentation font de l’ouvrage une
introduction subjective mais vivante à la situation contemporaine de
l’islam en France.
La partie concernant la période 1830-1947 permet de rappeler le passé
colonial où se sont institués les rapports de la France et de l’islam.
L’auteur rappelle le grand écart entre les promesses faites en 1830 de
garantir l’exercice de la religion musulmane et les confiscations
effectives des propriétés habous, dans un climat de violence qui dépasse
largement celui de la nationalisation des biens du clergé sous la
Révolution française, et l’ambiguïté d’une politique à la fois dirigée
par la peur et par la raison, entre la volonté d’affaiblir un islam où
les forces de résistance à l’occupation française semblent se concentrer
et la nécessité de se l’allier, seule garantie d’un avenir stabilisé.
une vision un peu manichéenne de l’administration française
Construit sur de solides lectures, on peut cependant lui reprocher d’en être parfois resté à une vision un peu manichéenne de l’administration française, peut-être parce que l’auteur construit son raisonnement sur le seul cas de l’Algérie. Sans doute emporté par son engagement contemporain, il est amené à dessiner d’un trait un peu trop grossier la ligne de partage entre les «islamojustes» et les «tenants de l’assimilation et du tout sécuritaire» (p. 161). On pourra aussi lui reprocher de donner une image trop peu nuancée de la haute administration coloniale algérienne de la deuxième moitié du XIXe siècle, loin d’être unanimement hostile à l’islam. La documentation de S. Sellam est certes suffisamment riche pour donner à voir la complexité de la politique musulmane française – qui passe aussi par l’institution de médersas et le financement – bien souvent mesquin, certes – d’un personnel religieux. Mais il lui arrive d’appliquer des jugements anachroniques marqués de l’expérience d’une répression administrative qui s’est développée dans le deuxième tiers du XXe siècle, en même temps que le nationalisme algérien musulman.
On ne voit pas assez clairement, par exemple, que les médersas sont défendues au sein de l’administration par des fonctionnaires convaincus qu’il faut favoriser le développement d’un islam réformé – et contrôlé. Et que les hauts fonctionnaires – y compris la direction des affaires indigènes – doivent souvent renoncer à la réalisation de leurs projets sous la pression des élus, dans un régime démocratique qui exclut de la représentation la majorité de la population musulmane.
Dans le même ordre d’esprit, Sadek
Sellam, dans la lignée d’une historiographie nationaliste qui, par
définition, tend à exclure les apports «étrangers» à la construction
nationale, passe sous silence le fait que l’administration française a
accompagné les premiers pas du réformisme musulman en Algérie. Son livre
ne permet pas de comprendre la logique propre de la politique des
républicains opportunistes héritiers de Jules Ferry, fort éloignés d’une
visée purement assimilationniste comme il le sous-entend parfois. Il
reconnaît leur action en faveur des médersas réformées en 1895, mais
leur reproche de s’être opposés à l’application immédiate de la loi de
séparation des églises et de l’Etat en 1905, sans envisager qu’il ait pu
s’agir là d’un pragmatisme tactique en vue de mieux affermir un islam
réformé alors que la «politique musulmane» est en butte aux critiques
de coloniaux radicaux hostiles à toute promotion d’une religion
abhorrée. Les figures d’un Louis Machuel à Tunis ou d’un William Marçais
à Alger auraient mérité d’être introduites à leur juste mesure. En 1908,
par exemple, Abdelkader Medjaoui, professeur à la médersa d’Alger, dont
Sellam rappelle qu’il a été un précurseur des réformistes (p. 168), est
jugé par son directeur W. Marçais comme «l’esprit le plus fin, le plus
original, peut-être le plus affranchi» parmi ses collaborateurs
musulmans.
Devant le réformisme musulman, les hauts fonctionnaires
français n’expriment pas encore la crainte qui se fera jour après la
Grande Guerre et dominera à partir des années trente. Dans le même ordre
d’esprit, on pourra regretter des oppositions trop tranchées (p.
188-189) entre un Louis Massignon présenté pur de tout lien avec les
administrations coloniales (ce qui est inexact) et les mauvais génies
Dominique Luciani ou Robert Montagne – figures pourtant plus complexes
que celles qu’ont dessinées leurs adversaires nationalistes. La sévérité
de S. Sellam envers «l’islamologie universitaire», tancée tantôt pour
son «érudition absentéiste» (p. 42), tantôt pour avoir été la servante
des intérêts de la puissance coloniale, l’amène à des inexactitudes –
ainsi quand il qualifie l’historien et homme politique Gabriel Hanoteaux
d’orientaliste pour l’opposer aux milieux islamophiles de la Revue de
l’islam (p. 43).
En dépit de ces quelques réserves, on ne peut que recommander la lecture
d’un livre engagé et documenté à la fois, riche de portraits d’acteurs
souvent méconnus (auxquels un index des noms de personnes permet
d’accéder facilement), écrit d’une plume alerte (on lui pardonnera
quelques piques excessives), et édité avec soin.
Alain Messaoudi
- Alain Messaoudi : bio-bibliographie
mercredi 17 janvier 2007
Appel et souscription pour la reconstruction de la kouba de Nogent

seule trace iconographique de la kouba de Nogent © Michel Renard
Appel et souscription pour
la reconstruction
de la kouba de Nogent-sur-Marne
association Études Coloniales
En 1919, dans le cimetière de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), fut élevée une kouba. Dans les pays de tradition islamique, la kouba est un petit édifice qui vient signaler la tombe d'un pieux personnage. Ce monument, aujourd'hui disparu, honorait le dévouement et la mort, au cours de la Première Guerre mondiale, de soldats musulmans provenant de l'espace colonial français.
C'est principalement à Émile Piat que l'on doit la construction de la kouba de Nogent. Consul général, attaché au cabinet du ministre des Affaires étrangères et chargé de la surveillance des militaires musulmans dans les formations sanitaires de la région parisienne (Nogent, Carrières, Moisselles), il opta pour ce type de mausolée afin d'honorer le souvenir collectif de soldats musulmans décédés. Dans une lettre du 14 juin 1918, il explique à son ami, le capitaine Jean Mirante, officier traducteur au Gouvernement général en Algérie, les origines de son projet :
«Ayant eu l’impression que l’érection d’un monument à la mémoire des tirailleurs morts des suites de leurs blessures aurait une répercussion heureuse parmi les populations indigènes de notre Afrique, j’ai trouvé à Nogent-sur-Marne, grâce à l’assistance de M. Brisson, maire de cette ville, un donateur généreux, M. Héricourt, entrepreneur de monuments funéraires qui veut bien faire construire un édifice à ses frais dans le cimetière de Nogent-sur-Marne.»
L'édifice fut inauguré le 16 juillet 1919 mais peu entretenu dans les années qui suivirent. Ses vestiges furent finalement détruits en 1982.
La kouba de Nogent fut édifiée à la fin de la Première Guerre mondiale grâce à une conjonction d'initiatives : la politique de gratitude et de reconnaissance de l'institution militaire à l'endroit des soldats venus du domaine colonial, l'empathie d'un consul entreprenant et l'entremise d'un officier des affaires indigènes en poste à Alger, le soutien d'un édile communal et la générosité d'un marbrier. Cette osmose dépasse toute politique d'intérêts au sens étroit.
C'est ce surplus de signification qui en fait un symbole d'une mutuelle reconnaissance qui a toutes raisons d'être rappelée aujourd'hui.
C'est pourquoi, nous appelons à la reconstruction de la kouba du cimetière de Nogent. Elle marquerait comment la République assume, par-delà le temps, son devoir de mémoire à l'égard de tous ceux qui ont laissé leur vie pour défendre ses idéaux. Et constituerait, à quelques encablures de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, un excellent lieu de mémoire et d'histoire.
pour l'association Études Coloniales
Daniel Lefeuvre, Michel Renard
contact : Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent
- Voir le dossier des premières démarches entreprises auprès des autorités administratives et religieuses en 2005 : lettres à M. Hamlaoui Mekachera, ministre des Anciens Combattants et à Dalil Boubakeur, recteur de l'Institut Musulman de la Mosquée de Paris, réponse de celui-ci.

malades et imams de l'hôpital militaire du Jardin Colonial à Nogent (Caom)
L'association "Études Coloniales"
lance un appel à la reconstruction de la
kouba de Nogent-sur-Marne,
et une souscription destinée à son financement
un Comité de soutien
à cette initiative est en cours de constitution
pour apporter votre accord : envoyez vos nom, prénom, profession,
commune de résidence et adresse e-mail à
Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent
Les coordonnées bancaires d'Etudes Coloniales
CODE BANQUE : 1020
CODE GUICHET : 00135
N° COMPTE : 20193166569
CLE RIB : 12
Adressez vos courriers à Études Coloniales, 38 rue du Ruisseau - 75018 Paris
Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent
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inaugurée en 1919, elle fut finalement détruite en 1982 © Michel Renard
parmi les sépultures musulmanes, l'emplacement est conservé
pour l'érection de la kouba au cimetière de Nogent

un espace modeste, d'environ 2 m sur 2 m

tombes musulmanes à Nogent-sur-Marne

Klienze Dembele, tirailleur sénégalais, tué le 13 (?) août 1918

Mohammed Ben Ali, travailleur auxiliaire kabyle, tué le 8 mars 1917

rendre hommage à ceux qui, venus de l'espace colonial, sont morts pour la France

juste à côté des tombes musulmanes, les soldats indochinois ont leur monument
- photographies : 31 août 2004, Michel Renard
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contact : Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent
vendredi 12 janvier 2007
visite de terrain sur l'île Sainte-Marguerite, décembre 2004 (Michel Renard)

le fort de l'île Sainte-Marguerite, vu d'un ponton
décembre 2004 © Michel Renard
visite de terrain, décembre 2004
enquête ethnographique sur une nécropole musulmane oubliée
Michel RENARD

on s'éloigne de Cannes, vue de l'arrière du bâteau ©
- Le 22 décembre 2004, j'accompagne une équipe de FR3 Méditerranée sur l'île Sainte-Marguerite. Marc Civellero, journaliste, a décidé de consacrer un reportage au cimetière musulman après avoir pris connaissance de son existence au cours du stage de formation à l'islam que je dirigeais pour le compte de l'École Supérieure du Journaliste de Lille (ESJ-Médias) quelques mois auparavant. Il a tout organisé, et en même temps que je participe à son reportage au titre de spécialiste, j'effectue une enquête ethnographique
sur le cimetière que je ne connaissais que par les archives et par les photos que m'avait confiées, en mai 2002, Jean-Pierre Rouzaud alors ingénieur des travaux au ministère des Anciens Combattants (Bureau des monuments historiques et des lieux de mémoire).
Sur l'île, nous rencontrons Élysée Vallès [ci-dessus à droite], responsable O.N.F. résidant dans la maison forestière, grand connaisseur du terrain et de son histoire et hôte très chaleureux. L'équipe de FR3 Méditerranée, outre Marc Civallero, comprend Guy Battini (journaliste reporteur d'images) et Jean-François Vuidepot (preneur de son). Sous le titre "Les emmurés de Sainte-Marguerite", leur reportage est diffusé sur FR3 Marseille et sur Mediterraneo le 18 avril 2005.

en conversation avec Élysée Vallès (O.N.F.) dans l'espace du cimetière
(image capturée sur écran télé)
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le cimetière musulman

alignement de tombes à partir de l'entrée principale ©
Relevé ethnographique des vestiges du cimetière
musulman de l'île Sainte-Marguerite
(22 décembre 2004)
Le cimetière musulman de l'île Sainte-Marguerite (au large de Cannes, Alpes-Maritimes) est une parcelle d'environ 15 m x 70 m (à peu près 1 000 m2), située en longueur entre le chemin au sud et une bande de forêt puis la mer au nord. À l'est en largeur se trouve un petit chemin, perpandiculaire à la parcelle, puis le cimetière des Criméens. À l'ouest, se trouve l'entrée obstruée par un arbre centenaire.

le dessin des sépultures n'est qu'indicatif © Michel Renard
- la limite du cimetière est matérialisée par une ligne de pierres ancienne sur laquelle a été élevée dans les années 1970 une clôture en tubes métalliques de couleur bleu dont la peinture est aujourd'hui dégradée.
- quatre entrées ont été aménagées, désignées chacune par deux pierres dressées de part et d'autre : la principale à l'angle sud-est, une autre le long du chemin à mi-distance de la longueur, une troisième à l'angle sud-ouest, où se trouve maintenant le totem de renseignement du "parcours historique" ; la quatrième présente une singularité permettant de fixer l'abandon de la parcelle à une date antérieure à 1900 puisqu'un arbre a poussé en son milieu obstruant le passage et que son âge est estimé par Élysée Vallè, conservateur de l'Office National des Forêts, à une centaine d'années.
- env. 200 sépultures visibles (un peu plus : 203, 204…?).
- l'emplacement des tombes est repérable par un aligement plus ou moins ovale de pierre de teinte claire à moitié enterrées ; il n'y a pas de pierre tombale, pas de "dalle".
- certaines sépultures sont de taille plus petites ; on peut émettre l'hypothèse qu'il s'agit de tombes d'enfants.
- certaines tombes sont entièrement couvertes de pierres comme des tumuli.
- la régularité et l'ordonnancement des tombes sont observables à partir de l'entrée principale (angle sud-est) ; plus on avance vers l'ouest, moins cet ordonnancement est respecté, comme s'il avait fallu envisager la saturation de l'espace préalablement désigné pour accueillir le cimetière.
- les tombes sont disposées, dans leur longueur, dans le sens nord-sud, les pieds vers la mer au nord, la tête doit donc être placée au sud et tournée vers l'est.
- stèle sur bloc de Cassis (pas du marbre) portant la mention «à nos frères musulmans morts pour la France» ; peut-être une pierre de réemploi, comportant initialement une autre inscription qui a été effacée (martelée) ; la stèle a probablement été gravée sur place.
Mise à part cette stèle qui fait violence à la vérité historique, aucun autre signe n'accompagne ces inhumations anonymes. Sur les vestiges émouvants du cimetière musulman de Sainte-Marguerite ne veille plus qu'une végétation de maquis formée de filaires, de lentisques, de myrte, de chênes verts et de pins d'Alep.
Michel Renard

alignement de tombes à partir de l'entrée principale ©

angle nord-ouest du cimetière musulman et clôture ©

entrée principale du cimetière musulman de l'île Sainte-Marguerite ©

entrée ouest, obtsruée par un arbre centenaire ©

sépultures dans la partie centrale du cimetière ©

des tombes de dimension variable ©

le dénuement de ces inhumations en accentue le mystère mais aussi la dignité ©

vue du chemin, la stèle ; à droite le cimetière des Criméens ; au fond la mer ©

la localisation du cimetière sur Google Earth (image ajoutée en février 2009)
il faut lire "borne nord-ouest" au lieu de "Sans titre - Repère"
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)
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visite de l'île

approche de l'île Sainte-Marguerite un matin d'hiver ©

on distingue la masse du fort de l'île Sainte-Marguerite ©

caserne du fort de l'île Sainte-Marguerite ©

caserne du fort de l'île Sainte-Marguerite ©

fort de l'île Sainte-Marguerite, avec la tour du sémaphore (installé en 1862) ©

Cannes, vue de l'île Sainte-Marguerite ©

Cannes, vue de l'île Sainte-Marguerite ©

caserne du fort de l'île Sainte-Marguerite ©

façade nord du fort de l'île Sainte-Marguerite et fenêtres des cellues ©

chemin et végétation de l'île Sainte-Marguerite ©

chemin et végétation de l'île Sainte-Marguerite ©

chemin de ronde du fort et vue sur la partie est de Cannes ©
le cimetière des Criméens

porte d'entrée du cimetière des Criméens, situé à côte du cimetière musulman
(mais nettement distinct) sur l'île Sainte-Marguerite ©
* les "Criméens" sont des combattants français de la guerre de Crimée (1854-1856),
décédés sur l'île dont le fort avait été transformé en lazaret pour les blessés

derrière le cimetière des Criméens, la ville de Cannes ©

dans la cour du fort, la citerne ©

dans la cour du fort, la citerne ©

dans la cour du fort, bâtiment faisant face à l'édifice principal ©

dans la cour du fort, bâtiment faisant face à l'édifice principal ©

approche de l'île Sainte-Marguerite, un matin d'hiver ©

on distingue la masse du fort ©
à suivre
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- diffusion FR3 : 18 avril 2005 - lien INA : article 46320 sur 105645
"Les emmurés de Sainte-Marguerite"
Marc Civallero

Élysée Vallès, conservateur O.N.F., appuyé sur la clôture ; Jean-Franois Vuidepot,
preneur de son ; Marc Civallero, journaliste, Guy Battini, journaliste reporteur d'images ©

l'équipe de tournage (FR3 Méditerranée/Marseille), le 22 décembre 2004

















