mardi 30 janvier 2007

Voyageurs et écrivains égyptiens en France au XIXe siècle (Anouar Louca)

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Voyageurs et écrivains égyptiens

en France au XIXe siècle

un livre de Anouar Louca (1970)


Avant-propos
Introduction :
Voyageurs égyptiens en France avant le XIXe siècle
Panorama du sujet. Limites, objets, méthode

Première partie : les missions scolaires
I)     L'école égyptienne de Paris (1826-1835)
II)    Rifa'a At-Tahtawi (1801-1873)
III)   L'école militaire égyptienne (1844-1849)
IV)   Ali Mubarak (1824-1893)
V)    Les missions scolaires dans la seconde moitié du XIXe siècle
VI)   Résultats

Deuxième partie : journalistes libéraux
I)     L'Égypte Kédiviale et les journalistes bannis
II)    Adib Ishaq (1856-1885)
III)   Muhammad Abduh (1849-1905)
IV)   Abou Naddara (1839-1912)

Troisième partie : touristes lettrés
I)     L'Égypte aux Expositions Universelles de Paris (1867, 1878, 1889, 1900)
II)    Abdallah Fikri et ses Compagnons (1889)
III)   Les Voyages d'Ahmad Zaki (1892-1900)
IV)   Al-Bakri et Al-Muwaylihi (1889-1900)

Conclusions
Notes complémentaires
Essai de Bibliographie systématique : Généralités ; Bibliographie de l'introduction, de la première partie et des deuxième et troisième parties
Index des noms de personnes943g
Index des noms de lieux
Index bibliographiques
table des matières analytique


Anouar Louca (12 avril 1927 - 4 août 2003)

anouar_louca













- article de Fawziya Assaad dans al-Ahram (2003)

- les archives scientifiques de Anouar Louca (travaux préparatoires de ses publications, notes...) ont été déposées par sa veuve à la Bibliothèque publique et universitaire de Genève, département des manuscrits

- sur Rifâ'a at-Tahtâwî (1801-1874) : un article de Saïd Ismaïl Alî


42df748f0c7ff_Tahtawi
Rifâ'a at-Tahtâwî,
auteur de l'Or de Paris


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dimanche 21 janvier 2007

Mosquée de Paris : images d'un édifice

Minaret_vu_du_jardin



Mosquée de Paris : images d'un édifice

 

 

 

mosqu_e_paris_pochette
pochette de cartes postales, 1925 (?)



Msq_Paris_minaret_voiture
fin des années 1920 (1929 ?)
cliquer sur l'image pour l'agrandir

 

msq_Paris_grand_patio
grand patio et vasque centrale

 

petit_patio__Yvon_
galerie du jardin ; à droite porte donnant accès au grand patio

 

msq_vue_Daubenton
mosquée vue de la rue Daubenton

 

Msq_Paris
même photo que ci-dessus

 

msq_Paris_et_minaret
mosquée et minaret vus du square

 

 

 

Msq_Paris_d_but_ann_es_1930
la Mosquée de Paris au début des années 1930 (entrée dispensaire)

 


Paris_the_Mosque
entrée du salon de thé, du souk et du restaurant

msq_Paris_angle_dispensaire___voitures
mosquée vue sur l'entrée du dispensaire

 

___________________________________________________

 

 

extrait des commentaires...

Merci de préciser que la première pierre a été pose par le Chambellan de sa Majeste Impériale le Sultan du Maroc puis inauguration à la fin des travaux par le Sultan en personne accompagné par le président de la République Doumergue.
La France a offert le terrain. La souscription publique lancée dans le monde musulman a surtout rencontré un large succès au Maroc d'où sont venus les 3/4 des fonds nécessaires à sa construction.

Posté par Axis7, jeudi 14 février 2008 à 16:10

 

 

 

...et réponse

Ce commentaire appelant à la précision... manque lui-même singulièrement de précision. De plus, en histoire, il faut citer ses références ou ses sources.

J'ai publié dans l'Histoire de l'islam et des musulmans en France du Moyen Âge à nos jours (Albin Michel, 2006, p. 723-727), un récit des inaugurations de la Mosquée de Paris que je récapitule et précise ci-dessous :

- 1er mars 1922 : cérémonie d'orientation de la mosquée par la détermination géomagnétique de la qibla, en présence de Si Kaddour Ben Ghabrit, Ababou (chambellan du sultan) et Ben Sayah (astronome à Fès) ; le gouvernement français était représenté par Maurice Colrat ;

- 19 octobre 1922 : pose de la première pierre du mihrab, en présence des délégués des deux sultans du Maroc et de Constantinople, du maharadja de Kapurthala et de Farid Bey représentant le gouvernement kémaliste de la Turquie ; l'autorité française s'exprima en la présence du maréchal Lyautey qui eut l'élégance de ne pas porter lui-même le coup de piochette mais d'en confier le soin à un ministre marocain ;

- 15 juillet 1926 : inauguration de la mosquée en présence de Si Kaddour ben Ghabrit, du président de la République, Gaston Doumergue, et du sultan du Maroc, Moulay Youssef ;

- 16 juillet 1926 : inauguration de la salle des prières - cérémonie uniquement musulmane - en présence de Moulay Youssef et du cheikh algérien Ahmad al-‘Alâwî (confrérie ‘alâwiyya de Mostaganem) ;

- 12 août 1926 [ce fait ne figure pas dans le livre cité ci-dessus] : inauguration de la salle des conférences de l'Institut musulman de la Mosquée de Paris, en présence du Bey de Tunis, Sidi Mohamed el Habib ; Georges Leygues, ministre de la Marine représentait le gouvernement de la République.

Il ne faut donc pas chercher à tirer la couverture sur un seul pays. La plupart des pays musulmans ont participé à la consécration institutionnelle et religieuse de la Mosquée de Paris. En 1922, 1926 ou encore après.

Par ailleurs, je ne sais pas d'où vient cette affirmation que les trois quarts des fonds proviendraient du Maroc... La France a voté une subvention de 500 000 francs (loi promulguée le 19 août 1920 par le président de la République), la Ville de Paris a voté une subvention de 1 620 000 francs (15 juillet 1920) destinée à l'achat du terrain, et des fonds ont été levés dans les pays musulmans colonisés par la France. Pour quels montants ?

Le 22 mai 1925, à la séance de la Commission interministérielle des Affaires musulmanes, Si Kaddour ben Ghabrit "expose l'état d'avancement des travaux de la Mosquée de Paris dont l'achèvement a été prévu pour le mois d'octobre prochain. Il indique [que] les souscriptions consenties par les Musulmans de nos possessions et pays de protectorat sont à peu près recouvrées. Ces souscriptions se sont élevées, en chiffres ronds, à 3 250 000 francs pour le Maroc, 3 500 000 pour l'Algérie, 692 000 francs pour la Tunisie, et 240 000 francs pour les autres colonies françaises" (archives du Ministère des Affaires étrangères, Levant, 1918-1940, Arabie-Hedjaz, volume 33 : Pèlerinage à la Mecque, 1922-1927).

Il n'y a donc pas de prépondérance marocaine dans le financement de la Mosquée de Paris. L'influence du Maroc s'est, par contre, exercée de manière décisive pour la conception architecturale et artistique.

Michel Renard
14 février 2008

 

Msq_Paris_vue_lat_rale
toit à bulbe octogonale et petits bulbes circulaires sur
le hammam, toit conique de la salle de prière et minaret

 

1796234_rf-la-grande-mo-cba95094325-w400
timbre commémoratif, 2012



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samedi 20 janvier 2007

Hôpital du Jardin Colonial

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carte postale ancienne





l'hôpital du Jardin Colonial

de Nogent-sur-Marne


- C'est à la fin de l'année 1914, que la décision est prise d'utiliser les pavillons du Jardin Colonial de Nogent-sur-Marne pour accueillir des blessés.



soeur_cleophas_006
Ambulance coloniale à Nogent sur Marne ; photographie
tirée du livre Dans la Paix, Vie de Sœur Marie-Cléophas
(source)




cp000105
sortie d'une séance cinématographique (source)



cp000246
Nogent, Jardin colonial - M.Clementel ministre des colonies
et le chef de musique de la Garde Républicaine
(source)



Jardin_Colonial_Lyautey
Remise de décorations par le Général Lyautey
6 Mars 1916. "À l'hôpital Musulman du Jardin Colonial de
Nogent-sur-Marne le Général Lyautey
, Résident Général de France
au Maroc décore nos glorieux soldats d'Afrique".


Jardin_Colonial_lits_dehors





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vendredi 19 janvier 2007

au sujet du livre de Sadek Sellam (Alain Messaoudi)

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au sujet du livre de Sadek Sellam

une introduction subjective

mais vivante à la situation contemporaine

de l’islam en France

Alain MESSAOUDI



9782213628547MS. Sellam, La France et ses musulmans. Un siècle de politique
musulmane. 1895-2005
, Fayard, 2006, 392 p.

La parution de cet ouvrage chez un éditeur d’histoire générale à large diffusion témoigne d’un regain d’intérêt pour l’histoire de l’islam en France, regain qui s’inscrit dans un mouvement plus général de relecture de la période coloniale en considérant son héritage actuel, cinquante ans après les indépendances politiques.

Loin d’être une œuvre de circonstance rapidement écrite pour surfer sur une vague médiatique, ce livre est le fruit de longues années de travail et de ruminations. Il approfondit les jalons déjà posés dans un précédent ouvrage paru il y a près de vingt ans (L’Islam et les Musulmans en France. Perceptions, craintes et réalités, Tougui, 1987). Il s’articule en trois volets. Le premier («L’islam en France, une présence séculaire»), part des musulmans. Sous la forme de neuf chapitres ordonnés chronologiquement, il indique sous forme de flashes les premiers témoignages de la présence de l’islam en France avant 1895, puis présente les milieux islamophiles des comtistes au Collège libre des sciences sociales et à la Revue de l’islam (1895-1902).

Il donne ensuite un aperçu du milieu des convertis, autour de la Fraternité musulmane (1907-1926), avant d’évoquer l’islam dans l’immigration ouvrière, ses courants réformiste (avec la figure de Malek Bennabi) et confrérique, et l’œuvre du Centre culturel islamique de Paris (1952-1971), où des intellectuels musulmans venus d’horizons nationaux divers se rencontrent, avec un ouverture aux non-musulmans et au dialogue inter-religieux, autour en particulier de Muhammad Hamidullah et Haïdar Bammate. Fort de recherches de première main, il met en évidence l’intérêt de revues et de groupes tombés dans l’oubli. On peut espérer que ces premiers sondages susciteront de nouveaux travaux historiques. Les deux autres volets envisagent la question de l’islam non plus du point de vue des fidèles, mais du point de vue de l’État : à une partie sur «La France et ses sujets musulmans (1830-1947)» fait écho une autre sur «La France et ses citoyens musulmans (1947-2004)».

sadek_sellam_d_c_1998 Porté par un engagement à la fois religieux et civique, l’auteur ne mâche pas ses mots et juge sévèrement la situation contemporaine et les compromissions passées et présentes de l’État français. Les convictions du musulman, proche de la tradition du réformisme algérien des oulémas, sont sensibles. Le ton n’est pas parfois sans une certaine véhémence, tonnant contre la faiblesse de la culture de la presse généraliste en matière d’islam – il vise en particulier Le Monde – et contre la prépondérance dans le monde académique d’une approche de l’islam en terme de sciences politiques, qui aurait eu pour conséquence de mettre en avant un fondamentalisme musulman ultra-minoritaire, arbre cachant la forêt d’un «islam des familles» ritualiste, néo-réformiste et apolitique, largement répandu en France.

La politique gouvernementale qui, depuis les années 1980, vise à contrôler et à encadrer l’islam en France d’une façon de plus en plus volontariste est accusée de n’avoir pas rompu avec le péché originel d’une politique coloniale mêlant politique et religion. La façon dont l’État français a indéfiniment reporté l’application de la loi de 1905 portant séparation des églises et de l’État est, pour l’auteur, au cœur des difficultés actuelles. Il est particulièrement critique pour les responsables musulmans de la société des habous et de la mosquée de Paris (dont il souligne avec regret que l’institut d’études prévu initialement soit toujours resté une fiction), les algériens Kaddour Benghabrit (en 1917) puis Hamza Boubakeur (nommé en 1958 par Guy Mollet, et resté en place jusqu’en 1982). Il y voit l’origine de la «pluriétatisation du culte musulman en France (1982-1990)» : le modèle de la mosquée de Paris contrôlée par l’Algérie aurait inspiré les autres États qui auraient cherché à leur tour à contrôler chacun un «secteur» (mosquées d’Évry, de Mantes-la-Jolie, des Mureaux, de Lyon…), aboutissant au monopole de la «bande des quatre» (mosquée de Paris, UOIF, FNMF et Tabligh), à ses yeux peu représentatifs de la réalité de l’islam en France.

Il présente cependant favorablement les tentatives de plusieurs ministres de l’Intérieur en direction d’une nouvelle approche de l’islam : constitution du CORIF (Conseil de réflexion sur l’islam en France, Pierre Joxe, 1990), projet d’École des hautes études islamiques (Jean-Pierre Chevènement, 1992), élection du CFCM (Conseil français du culte musulman, Daniel Vaillant et Nicolas Sarkozy, 2002-2003). La liberté de ton, et la richesse de la documentation font de l’ouvrage une introduction subjective mais vivante à la situation contemporaine de l’islam en France.

La partie concernant la période 1830-1947 permet de rappeler le passé colonial où se sont institués les rapports de la France et de l’islam. L’auteur rappelle le grand écart entre les promesses faites en 1830 de garantir l’exercice de la religion musulmane et les confiscations effectives des propriétés habous, dans un climat de violence qui dépasse largement celui de la nationalisation des biens du clergé sous la Révolution française, et l’ambiguïté d’une politique à la fois dirigée par la peur et par la raison, entre la volonté d’affaiblir un islam où les forces de résistance à l’occupation française semblent se concentrer et la nécessité de se l’allier, seule garantie d’un avenir stabilisé.


une vision un peu manichéenne de l’administration française

Construit sur de solides lectures, on peut cependant lui reprocher d’en être parfois resté à une vision un peu manichéenne de l’administration française, peut-être parce que l’auteur construit son raisonnement sur le seul cas de l’Algérie. Sans doute emporté par son engagement contemporain, il est amené à dessiner d’un trait un peu trop grossier la ligne de partage entre les «islamojustes» et les «tenants de l’assimilation et du tout sécuritaire» (p. 161). On pourra aussi lui reprocher de donner une image trop peu nuancée de la haute administration coloniale algérienne de la deuxième moitié du XIXe siècle, loin d’être unanimement hostile à l’islam. La documentation de S. Sellam est certes suffisamment riche pour donner à voir la complexité de la politique musulmane française – qui passe aussi par l’institution de médersas et le financement – bien souvent mesquin, certes – d’un personnel religieux. Mais il lui arrive d’appliquer des jugements anachroniques marqués de l’expérience d’une répression administrative qui s’est développée dans le deuxième tiers du XXe siècle, en même temps que le nationalisme algérien musulman.

On ne voit pas assez clairement, par exemple, que les médersas sont défendues au sein de l’administration par des fonctionnaires convaincus qu’il faut favoriser le développement d’un islam réformé – et contrôlé. Et que les hauts fonctionnaires – y compris la direction des affaires indigènes – doivent souvent renoncer à la réalisation de leurs projets sous la pression des élus, dans un régime démocratique qui exclut de la représentation la majorité de la population musulmane.

Dans le même ordre d’esprit, Sadek Sellam, dans la lignée d’une historiographie nationaliste qui, parsadek_sellam__2__d_c_1998 définition, tend à exclure les apports «étrangers» à la construction nationale, passe sous silence le fait que l’administration française a accompagné les premiers pas du réformisme musulman en Algérie. Son livre ne permet pas de comprendre la logique propre de la politique des républicains opportunistes héritiers de Jules Ferry, fort éloignés d’une visée purement assimilationniste comme il le sous-entend parfois. Il reconnaît leur action en faveur des médersas réformées en 1895, mais leur reproche de s’être opposés à l’application immédiate de la loi de séparation des églises et de l’Etat en 1905, sans envisager qu’il ait pu s’agir là d’un pragmatisme tactique en vue de mieux affermir un islam réformé alors que la «politique musulmane» est en butte aux critiques de coloniaux radicaux hostiles à toute promotion d’une religion abhorrée. Les figures d’un Louis Machuel à Tunis ou d’un William Marçais à Alger auraient mérité d’être introduites à leur juste mesure. En 1908, par exemple, Abdelkader Medjaoui, professeur à la médersa d’Alger, dont Sellam rappelle qu’il a été un précurseur des réformistes (p. 168), est jugé par son directeur W. Marçais comme «l’esprit le plus fin, le plus original, peut-être le plus affranchi» parmi ses collaborateurs musulmans.

Devant le réformisme musulman, les hauts fonctionnaires français n’expriment pas encore la crainte qui se fera jour après la Grande Guerre et dominera à partir des années trente. Dans le même ordre d’esprit, on pourra regretter des oppositions trop tranchées (p. 188-189) entre un Louis Massignon présenté pur de tout lien avec les administrations coloniales (ce qui est inexact) et les mauvais génies Dominique Luciani ou Robert Montagne – figures pourtant plus complexes que celles qu’ont dessinées leurs adversaires nationalistes. La sévérité de S. Sellam envers «l’islamologie universitaire», tancée tantôt pour son «érudition absentéiste» (p. 42), tantôt pour avoir été la servante des intérêts de la puissance coloniale, l’amène à des inexactitudes – ainsi quand il qualifie l’historien et homme politique Gabriel Hanoteaux d’orientaliste pour l’opposer aux milieux islamophiles de la Revue de l’islam (p. 43).

En dépit de ces quelques réserves, on ne peut que recommander la lecture d’un livre engagé et documenté à la fois, riche de portraits d’acteurs souvent méconnus (auxquels un index des noms de personnes permet d’accéder facilement), écrit d’une plume alerte (on lui pardonnera quelques piques excessives), et édité avec soin.

Alain Messaoudi

 

- source : IISMM/EHESS

- Alain Messaoudi : bio-bibliographie




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mercredi 17 janvier 2007

Appel et souscription pour la reconstruction de la kouba de Nogent

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seule trace iconographique de la kouba de Nogent
© Michel Renard




Appel et souscription pour

la reconstruction

de la kouba de Nogent-sur-Marne

association Études Coloniales



En 1919, dans le cimetière de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), fut élevée une kouba. Dans les pays de tradition islamique, la kouba est un petit édifice qui vient signaler la tombe d'un pieux personnage. Ce monument, aujourd'hui disparu, honorait le dévouement et la mort, au cours de la Première Guerre mondiale, de soldats musulmans provenant de l'espace colonial français.

C'est principalement à Émile Piat que l'on doit la construction de la kouba de Nogent. Consul général, attaché au cabinet du ministre des Affaires étrangères et chargé de la surveillance des militaires musulmans dans les formations sanitaires de la région parisienne (Nogent, Carrières, Moisselles), il opta pour ce type de mausolée afin d'honorer le souvenir collectif de soldats musulmans décédés. Dans une lettre du 14 juin 1918, il explique à son ami, le capitaine Jean Mirante, officier traducteur au Gouvernement général en Algérie, les origines de son projet :

«Ayant eu l’impression que l’érection d’un monument à la mémoire des tirailleurs morts des suites de leurs blessures aurait une répercussion heureuse parmi les populations indigènes de notre Afrique, j’ai trouvé à Nogent-sur-Marne, grâce à l’assistance de M. Brisson, maire de cette ville, un donateur généreux, M. Héricourt, entrepreneur de monuments funéraires qui veut bien faire construire un édifice à ses frais dans le cimetière de Nogent-sur-Marne

L'édifice fut inauguré le 16 juillet 1919 mais peu entretenu dans les années qui suivirent. Ses vestiges furent finalement détruits en 1982.

La kouba de Nogent fut édifiée à la fin de la Première Guerre mondiale grâce à une conjonction d'initiatives : la politique de gratitude et de reconnaissance de l'institution militaire à l'endroit des soldats venus du domaine colonial, l'empathie d'un consul entreprenant et l'entremise d'un officier des affaires indigènes en poste à Alger, le soutien d'un édile communal et la générosité d'un marbrier. Cette osmose dépasse toute politique d'intérêts au sens étroit.

C'est ce surplus de signification qui en fait un symbole d'une mutuelle reconnaissance qui a toutes raisons d'être rappelée aujourd'hui.

C'est pourquoi, nous appelons à la reconstruction de la kouba du cimetière de Nogent. Elle marquerait comment la République assume, par-delà le temps, son devoir de mémoire à l'égard de tous ceux qui ont laissé leur vie pour défendre ses idéaux. Et constituerait, à quelques encablures de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, un excellent lieu de mémoire et d'histoire.

pour l'association Études Coloniales
Daniel Lefeuvre, Michel Renard

contact : Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent


- Voir le dossier des premières démarches entreprises auprès des autorités administratives et religieuses en 2005 : lettres à M. Hamlaoui Mekachera, ministre des Anciens Combattants et à Dalil Boubakeur, recteur de l'Institut Musulman de la Mosquée de Paris, réponse de celui-ci.


Diapositive2
malades et imams de l'hôpital militaire du Jardin Colonial à Nogent (Caom)



L'association "Études Coloniales"


lance un appel à la reconstruction de la


kouba de Nogent-sur-Marne,


et une souscription destinée à son financement

 

un Comité de soutien

à cette initiative est en cours de constitution


pour apporter votre accord : envoyez vos nom, prénom, profession,

commune de résidence et adresse e-mail à

Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent

 


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Les coordonnées bancaires d'Etudes Coloniales

CODE BANQUE : 1020
CODE GUICHET : 00135

N° COMPTE : 20193166569

CLE RIB : 12

Adressez vos courriers à Études Coloniales, 38 rue du Ruisseau - 75018 Paris

Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent

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seule_photo_kouba
inaugurée en 1919, elle fut finalement détruite en 1982 © Michel Renard


parmi les sépultures musulmanes, l'emplacement est conservé

pour l'érection de la kouba au cimetière de Nogent


IMG_7567
un espace modeste, d'environ 2 m sur 2 m


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tombes musulmanes à Nogent-sur-Marne


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Klienze Dembele, tirailleur sénégalais, tué le 13 (?) août 1918


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Mohammed Ben Ali, travailleur auxiliaire kabyle, tué le 8 mars 1917


IMG_7573
rendre hommage à ceux qui, venus de l'espace colonial, sont morts pour la France


IMG_7574
juste à côté des tombes musulmanes, les soldats indochinois ont leur monument


- photographies : 31 août 2004, Michel Renard

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contact : Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent


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vendredi 12 janvier 2007

visite de terrain sur l'île Sainte-Marguerite, décembre 2004 (Michel Renard)

fort_vu_d_un_ponton_1
le fort de l'île Sainte-Marguerite, vu d'un ponton
décembre 2004 © Michel Renard



visite de terrain, décembre 2004

enquête ethnographique sur une nécropole musulmane oubliée

Michel RENARD

 

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on s'éloigne de Cannes, vue de l'arrière du bâteau ©

 

- Le 22 décembre 2004, j'accompagne une équipe de FR3 Méditerranée sur l'île Sainte-Marguerite. Marc Civellero, journaliste, a décidé de consacrer un reportage au cimetière musulman après avoir pris connaissance de son existence au cours du stage de formation à l'islam que je dirigeais pour le compte de l'École Supérieure du Journaliste de Lille (ESJ-Médias) quelques mois auparavant. Il a tout organisé, et en même temps que je participe à son reportage au titre de spécialiste, j'effectue une enquête ethnographique_lys_e_Vall_s sur le cimetière que je ne connaissais que par les archives et par les photos que m'avait confiées, en mai 2002, Jean-Pierre Rouzaud alors ingénieur des travaux au ministère des Anciens Combattants (Bureau des monuments historiques et des lieux de mémoire).

 

 

 

 

interview_conservateur_ONF_3










 

Sur l'île, nous rencontrons Élysée Vallès [ci-dessus à droite], responsable O.N.F. résidant dans la maison forestière, grand connaisseur du terrain et de son histoire et hôte très chaleureux. L'équipe de FR3 Méditerranée, outre Marc Civallero, comprend Guy Battini (journaliste reporteur d'images) et Jean-François Vuidepot (preneur de son). Sous le titre "Les emmurés de Sainte-Marguerite", leur reportage est diffusé sur FR3 Marseille et sur Mediterraneo le 18 avril 2005.

 

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en conversation avec Élysée Vallès (O.N.F.) dans l'espace du cimetière
(image capturée sur écran télé)

 

avec__lys_e_Vall_s_d_c_2004__2_

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le cimetière musulman

 

 

alignement_tombes_entr_e_princ
alignement de tombes à partir de l'entrée principale ©

 

 

Relevé ethnographique des vestiges du cimetière

musulman de l'île Sainte-Marguerite

(22 décembre 2004)

Le cimetière musulman de l'île Sainte-Marguerite (au large de Cannes, Alpes-Maritimes) est une parcelle d'environ 15 m x 70 m (à peu près 1 000 m2), située en longueur entre le chemin au sud et une bande de forêt puis la mer au nord. À l'est en largeur se trouve un petit chemin, perpandiculaire à la parcelle, puis le cimetière des Criméens. À l'ouest, se trouve l'entrée obstruée par un arbre centenaire.

 

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le dessin des sépultures n'est qu'indicatif
© Michel Renard

 

- la limite du cimetière est matérialisée par une ligne de pierres ancienne sur laquelle a été élevée dans les années 1970 une clôture en tubes métalliques de couleur bleu dont la peinture est aujourd'hui dégradée.

- quatre entrées ont été aménagées, désignées chacune par deux pierres dressées de part et d'autre : la principale à l'angle sud-est, une autre le long du chemin à mi-distance de la longueur, une troisième à l'angle sud-ouest, où se trouve maintenant le totem de renseignement du "parcours historique" ; la quatrième présente une singularité permettant de fixer l'abandon de la parcelle à une date antérieure à 1900 puisqu'un arbre a poussé en son milieu obstruant le passage et que son âge est estimé par Élysée Vallè, conservateur de l'Office National des Forêts, à une centaine d'années.

- env. 200 sépultures visibles (un peu plus : 203, 204…?).

- l'emplacement des tombes est repérable par un aligement plus ou moins ovale de pierre de teinte claire à moitié enterrées ; il n'y a pas de pierre tombale, pas de "dalle".

- certaines sépultures sont de taille plus petites ; on peut émettre l'hypothèse qu'il s'agit de tombes d'enfants.

- certaines tombes sont entièrement couvertes de pierres comme des tumuli.

- la régularité et l'ordonnancement des tombes sont observables à partir de l'entrée principale (angle sud-est) ; plus on avance vers l'ouest, moins cet ordonnancement est respecté, comme s'il avait fallu envisager la saturation de l'espace préalablement désigné pour accueillir le cimetière.

- les tombes sont disposées, dans leur longueur, dans le sens nord-sud, les pieds vers la mer au nord, la tête doit donc être placée au sud et tournée vers l'est.

- stèle sur bloc de Cassis (pas du marbre) portant la mention «à nos frères musulmans morts pour la France» ; peut-être une pierre de réemploi, comportant initialement une autre inscription qui a été effacée (martelée) ; la stèle a probablement été gravée sur place.

Mise à part cette stèle qui fait violence à la vérité historique, aucun autre signe n'accompagne ces inhumations anonymes. Sur les vestiges émouvants du cimetière musulman de Sainte-Marguerite ne veille plus qu'une végétation de maquis formée de filaires, de lentisques, de myrte, de chênes verts et de pins d'Alep.

Michel Renard

 

alignement_tombes_entr_e_princ
alignement de tombes à partir de l'entrée principale ©

 

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angle nord-ouest du cimetière musulman et clôture ©

 

entr_e_principale_et_panneau
entrée principale du cimetière musulman de l'île Sainte-Marguerite
©

 

entr_e_ouest
entrée ouest, obtsruée par un arbre centenaire ©

 

IMG_8805
sépultures dans la partie centrale du cimetière
©

 

IMG_8806
des tombes de dimension variable
©

 

IMG_8807
le dénuement de ces inhumations en accentue le mystère mais aussi la dignité
©

 

Diapositive1
vue du chemin, la stèle ; à droite le cimetière des Criméens ; au fond la mer
©

cimeti_re_musulman__le_Sainte_Marguerite
la localisation du cimetière sur Google Earth (image ajoutée en février 2009)
il faut lire "borne nord-ouest" au lieu de "Sans titre - Repère"

(cliquer sur l'image pour l'agrandir)


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visite de l'île

 

_le_Ste_Marg_approche_1
approche de l'île Sainte-Marguerite un matin d'hiver ©

 

_le_Ste_Marg_approche_2
on distingue la masse du fort de l'île Sainte-Marguerite
©

 

b_timent_caserne
caserne du fort de l'île Sainte-Marguerite
©

 

b_timent_du_fort_1
caserne du fort de l'île Sainte-Marguerite ©

 

b_timent_principal
fort de l'île Sainte-Marguerite, avec la tour du sémaphore (installé en 1862) ©

 

Cannes_vue_de_l__le_1
Cannes, vue de l'île Sainte-Marguerite ©

 

Cannes_vue_de_l__le_2
Cannes, vue de l'île Sainte-Marguerite ©

 

caserne__Magenta_
caserne du fort de l'île Sainte-Marguerite ©

 

cellules__masque_de_fer_
façade nord du fort de l'île Sainte-Marguerite et fenêtres des cellues
©



Chemin_et_v_g_tation_1
chemin et végétation de l'île Sainte-Marguerite ©

 

Chemin_et_v_g_tation_2
chemin et végétation de l'île Sainte-Marguerite ©

chemin_ronde_et_est_de_Cannes
chemin de ronde du fort et vue sur la partie est de Cannes ©

 

 

le cimetière des Criméens

Cim
porte d'entrée du cimetière des Criméens, situé à côte du cimetière musulman
(mais nettement distinct) sur l'île Sainte-Marguerite
©

 

* les "Criméens" sont des combattants français de la guerre de Crimée (1854-1856),
décédés sur l'île dont le fort avait été transformé en lazaret pour les blessés

Plaque_cim

Cimeti_re_Crim_ens_porte
derrière le cimetière des Criméens, la ville de Cannes ©

 

citerne_et_s_maphore
dans la cour du fort, la citerne ©

 

citerne
dans la cour du fort, la citerne ©

 

face_au_b_t
dans la cour du fort, bâtiment faisant face à l'édifice principal
©

 

face_au_b_t
dans la cour du fort, bâtiment faisant face à l'édifice principal ©

 

fortification
fortification ©

 

_le_Ste_Marg_approche_1
approche de l'île Sainte-Marguerite, un matin d'hiver ©

 

_le_Ste_Marg_approche_2
on distingue la masse du fort ©

 

à suivre


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- diffusion FR3 : 18 avril 2005 - lien INA : article 46320 sur 105645

"Les emmurés de Sainte-Marguerite"

Marc Civallero

interview_conservateur_ONF_1
Élysée Vallès, conservateur O.N.F., appuyé sur la clôture ; Jean-Franois Vuidepot,
preneur de son ; Marc Civallero, journaliste, Guy Battini, journaliste reporteur d'images ©

 

interview_conservateur_ONF_2

 

interview_conservateur_ONF_3
l'équipe de tournage (FR3 Méditerranée/Marseille), le 22 décembre 2004



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