vendredi 11 juillet 2008
la kouba de Nogent reconstruite...!
la kouba du cimetière de Nogent (1919)
va être reconstruite
À la suite d'une nouvelle démarche entreprise directement auprès du Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, par l'association Études Coloniales, le gouvernement a manifesté son accord pour la reconstruction de la kouba de Nogent-sur-Marne. Le ministère des Anciens Combattants a saisi la Préfecture du Val de Marne et une première réunion s'est tenue le lundi 23 juin 2008 en mairie - cette dernière ayant approuvé ce projet déjà depuis l'année dernière.
Ainsi, quatre ans après la découverte de la correspondance entre le consul Émile Piat et l'officier Jean Mirante du Gouvernement général d'Algérie (Affaires indigènes) au Centre des archives d'Outre-mer à Aix-en-Provence, la mémoire de ce geste de fraternité qui a abouti à l'élévation de la kouba lors de la Première Guerre mondiale, va être perpétuée par la restauration de l'édifice.
(suite de l'article à venir)
Michel Renard

lettre du consul Émile Piat à Jean Mirante (Alger)
- Appel et souscription pour le reconstitution de la kouba de Nogent-sur-Marne (2007)
- Projet de reconstitution de la kouba (1919) du cimetière de Nogent-sur-Marne (Michel Renard, 2005)
- Versets du Coran sur la kouba de Nogent
- Lettre adressée à Hamlaoui Mekachera (9 mai 2005)
- Lettre adressée à Dalil Boubakeur (10 mai 2005)
- Réponse de Dalil Boubakeur (24 mai 2005)

emplacement de la kouba dans le carré militaire musulman
mercredi 20 février 2008
une image de la kouba (cpa)
une image de la kouba de Nogent
carte postale ancienne

"cimetière de Nogent-sur-Marne - Tombes des Coloniaux"
- Merci à Marc Cimpello (Le Havre) qui m'a aimablement communiqué cette image que je cherche depuis longtemps parmi les cartes postales anciennes (cpa).
mercredi 17 janvier 2007
Appel et souscription pour la reconstruction de la kouba de Nogent

seule trace iconographique de la kouba de Nogent © Michel Renard
Appel et souscription pour
la reconstruction
de la kouba de Nogent-sur-Marne
association Études Coloniales
En 1919, dans le cimetière de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), fut élevée une kouba. Dans les pays de tradition islamique, la kouba est un petit édifice qui vient signaler la tombe d'un pieux personnage. Ce monument, aujourd'hui disparu, honorait le dévouement et la mort, au cours de la Première Guerre mondiale, de soldats musulmans provenant de l'espace colonial français.
C'est principalement à Émile Piat que l'on doit la construction de la kouba de Nogent. Consul général, attaché au cabinet du ministre des Affaires étrangères et chargé de la surveillance des militaires musulmans dans les formations sanitaires de la région parisienne (Nogent, Carrières, Moisselles), il opta pour ce type de mausolée afin d'honorer le souvenir collectif de soldats musulmans décédés. Dans une lettre du 14 juin 1918, il explique à son ami, le capitaine Jean Mirante, officier traducteur au Gouvernement général en Algérie, les origines de son projet :
«Ayant eu l’impression que l’érection d’un monument à la mémoire des tirailleurs morts des suites de leurs blessures aurait une répercussion heureuse parmi les populations indigènes de notre Afrique, j’ai trouvé à Nogent-sur-Marne, grâce à l’assistance de M. Brisson, maire de cette ville, un donateur généreux, M. Héricourt, entrepreneur de monuments funéraires qui veut bien faire construire un édifice à ses frais dans le cimetière de Nogent-sur-Marne.»
L'édifice fut inauguré le 16 juillet 1919 mais peu entretenu dans les années qui suivirent. Ses vestiges furent finalement détruits en 1982.
La kouba de Nogent fut édifiée à la fin de la Première Guerre mondiale grâce à une conjonction d'initiatives : la politique de gratitude et de reconnaissance de l'institution militaire à l'endroit des soldats venus du domaine colonial, l'empathie d'un consul entreprenant et l'entremise d'un officier des affaires indigènes en poste à Alger, le soutien d'un édile communal et la générosité d'un marbrier. Cette osmose dépasse toute politique d'intérêts au sens étroit.
C'est ce surplus de signification qui en fait un symbole d'une mutuelle reconnaissance qui a toutes raisons d'être rappelée aujourd'hui.
C'est pourquoi, nous appelons à la reconstruction de la kouba du cimetière de Nogent. Elle marquerait comment la République assume, par-delà le temps, son devoir de mémoire à l'égard de tous ceux qui ont laissé leur vie pour défendre ses idéaux. Et constituerait, à quelques encablures de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, un excellent lieu de mémoire et d'histoire.
pour l'association Études Coloniales
Daniel Lefeuvre, Michel Renard
contact : Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent
- Voir le dossier des premières démarches entreprises auprès des autorités administratives et religieuses en 2005 : lettres à M. Hamlaoui Mekachera, ministre des Anciens Combattants et à Dalil Boubakeur, recteur de l'Institut Musulman de la Mosquée de Paris, réponse de celui-ci.

malades et imams de l'hôpital militaire du Jardin Colonial à Nogent (Caom)
L'association "Études Coloniales"
lance un appel à la reconstruction de la
kouba de Nogent-sur-Marne,
et une souscription destinée à son financement
un Comité de soutien
à cette initiative est en cours de constitution
pour apporter votre accord : envoyez vos nom, prénom, profession,
commune de résidence et adresse e-mail à
Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent
Les coordonnées bancaires d'Etudes Coloniales
CODE BANQUE : 1020
CODE GUICHET : 00135
N° COMPTE : 20193166569
CLE RIB : 12
Adressez vos courriers à Études Coloniales, 38 rue du Ruisseau - 75018 Paris
Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent
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inaugurée en 1919, elle fut finalement détruite en 1982 © Michel Renard
parmi les sépultures musulmanes, l'emplacement est conservé
pour l'érection de la kouba au cimetière de Nogent

un espace modeste, d'environ 2 m sur 2 m

tombes musulmanes à Nogent-sur-Marne

Klienze Dembele, tirailleur sénégalais, tué le 13 (?) août 1918

Mohammed Ben Ali, travailleur auxiliaire kabyle, tué le 8 mars 1917

rendre hommage à ceux qui, venus de l'espace colonial, sont morts pour la France

juste à côté des tombes musulmanes, les soldats indochinois ont leur monument
- photographies : 31 août 2004, Michel Renard
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contact : Études Coloniales - reconstruction kouba de Nogent
vendredi 8 septembre 2006
Projet de reconstitution de la kouba de Nogent (Michel Renard)

la kouba du carré militaire au cimetière de Nogent-sur-Marne, édifiée en 1919
Projet de reconstitution
de la kouba (1919) du cimetière de
Nogent-sur-Marne
(2005)
J'ai adressé le dossier suivant à M. Hamlaoui Mekachera, ministre des Anciens Combattants ainsi qu'à M. Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, au printemps 2005. Ce dernier a répondu très favorablement, et le ministère à l'inverse (à suivre).
Michel Renard
Argumentaire historique
Kouba et architecture funéraire
La kouba (en arabe qubba), appelée également «marabout», est un élément additionnel d'une architecture funéraire qui se compose d'abord des tombes et de leur (éventuelle) ornementation. Le terme désigne un édifice plutôt carré surmonté d'une coupole. Dans les pays de tradition islamique, il est devenu le type même du mausolée qui peut abriter la tombe d'un pieux personnage ou seulement rappeler son esprit. La kouba peut être un monument isolé, en dehors du périmètre des nécropoles, ou bien avoir été construite à l'intérieur du cimetière.
Kouba de Nogent et sépultures musulmanes de 1914-1918
En métropole, l'attention au respect du culte islamique a été marquée par l'armée dès les débuts du conflit ouvert en août 1914. L'importance quantitative des décès et son impact psychologique ont conduit à adopter la solution de la tombe individuelle spécifiant la confession du défunt.
En octobre 1914, la direction de la Santé au ministère de la Guerre réglementa les formalités accompagnant le décès d'un musulman et notamment son inhumation. La tombe devait être orientée, et identifiée au moyen de deux stèles en pierre ou en bois. Elle devait porter l'inscription arabe «hadhâ qabr al-mahrûm» (ceci est la tombe du rappelé à Dieu) et la mention du nom, le tout surmonté d'un croissant et d'une étoile. Il fut difficile d'ajouter d'autres aménagements funéraires pendant la durée des combats, particulièrement dans les régions proches du front.
À Nogent, dans une zone dévolue à la convalescence des blessés musulmans, la détermination d'un diplomate permit une considération plus ostensible des traditions religieuses de l'islam.
Généalogie du premier édifice (1917-1919)
C'est principalement à Émile Piat que l'on doit la construction de la kouba dans le cimetière de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). Consul général (promu au grade de ministre plénipotentiaire en février 1919), il était attaché au cabinet du ministre des Affaires étrangères et chargé de la surveillance des militaires musulmans dans les formations sanitaires de la région parisienne (Nogent, Carrières, Moisselles). Sa correspondance laisse penser qu'il maîtrisait des notions d'arabe.
Émile Piat n'a pas laissé de traces écrites des raisons qui l'ont amené à choisir ce type de monument pour honorer le souvenir collectif de soldats décédés. Mais, dans une lettre du 14 juin 1918, il explique à son ami, le capitaine Jean Mirante, officier traducteur au Gouvernement général en Algérie, les origines de son projet :
«Ayant eu l’impression que l’érection d’un monument à la mémoire des tirailleurs morts des suites de leurs blessures aurait une répercussion heureuse parmi les populations indigènes de notre Afrique, j’ai trouvé à Nogent-sur-Marne, grâce à l’assistance de M. Brisson, maire de cette ville, un donateur généreux, M. Héricourt, entrepreneur de monuments funéraires qui veut bien faire construire un édifice à ses frais dans le cimetière de Nogent-sur-Marne.»
Obtenant le soutien financier de la section algéroise du Souvenir Français, par l'entremise de Mirante, il reçoit une somme de 1 810 francs destinée aux frais de la décoration de la kouba. Le gros œuvre est financé et effectué par le marbrier funéraire, Héricourt. Au-delà de son architecture typique, la dimension religieuse du monument est explicite ainsi qu'en témoignent les deux versets du Coran (III, 169 et 170) devant être inscrits au frontispice après avoir été choisis par le muphti Mokrani en poste au camp retranché de Paris. L'édifice est inauguré le 16 juillet 1919.
Disparition du premier édifice (1960-1982)
C'est à la fin des années 1950 que commence à se poser le sort des tombes musulmanes et de la kouba qui s'élève sur ce carré militaire. En 1971 et 1972, diverses démarches ne permettent pas de dégager une solution technique ni de désigner l'autorité habilitée à décider et à financer les travaux de restauration de la kouba. Pendant ce temps, l'édifice se détériore et penche. Le recteur de la Mosquée de Paris, Si Hamza Boubakeur, sollicité mais désargenté, espère en un financement public. En vain. Finalement, le 9 mars 1982, les responsables municipaux constatent «l'effondrement naturel» du monument.
Enjeux de la reconstitution de la Kouba de Nogent (2005)
La kouba de Nogent fut édifiée à la fin de la Première Guerre mondiale grâce à une conjonction d'initiatives : la politique de gratitude et de reconnaissance de l'institution militaire à l'endroit des soldats venus du domaine colonial, l'empathie d'un consul entreprenant et l'entremise d'un officier des affaires indigènes en poste à Alger, le soutien d'un édile communal et la générosité d'un marbrier. Cette osmose dépasse toute politique d'intérêts au sens étroit. C'est ce surplus de signification qui en fait un symbole d'une mutuelle reconnaissance qui a toutes raisons d'être rappelée aujourd'hui.
Michel Renard
références
Sources :
- Centre des Archives d'Outre-Mer (CAOM, Aix-en-Provence)
- Archives municipales de Nogent-sur-Marne
- Archives privées familles Héricourt et Martin, marbriers à Nogent (photo kouba)
Bibliographie :
- Michel Renard, «Gratitude, contrôle, accompagnement : le traitement du religieux islamique en métropole (1914-1950)», "Répression, contrôle et encadrement dans le monde colonial au XXe siècle", Bulletin de l'Institut d'histoire du temps présent, IHTP-Cnrs, n° 83, premier semestre 2004 (juin), p. 54-69. [sur quelques aspects des sépultures militaires musulmanes de la Première Guerre mondiale]
- Michel Renard, «Aperçu sur l'histoire de l'islam à Marseille, 1813-1962. Pratiques religieuses et encadrement des Nord-Africains», Outre-Mers, revue d'histoire (ex-Revue française d'Histoire d'outre-mer), n° 340-341, 2e semestre, 2003, p. 269-296. [sur la kouba du cimetière Saint-Pierre à Marseille, 1944/45]

la kouba du "cimetière musulman" de
Marseille, édifiée sur l'initiative de J. Bourgeois,
directeur du Bureau des Affaires musulmanes nord-africaines entre 1944 et 1945
(toujours visible au cimetière Saint-Pierre)
jeudi 7 septembre 2006
versets du Coran, kouba de Nogent-sur-Marne

la kouba du cimetière de Nogent-sur-Marne,
aujourd'hui disparue
versets du Coran
kouba de Nogent-sur-Marne
Dans les préparatifs d'édification d'une kouba destinée au cimetière des soldats musulmans décédés au cours de leur hospitalisation à Nogent-sur-Marne, le consul général Émile Piat avait envisagé de faire graver sur l'une des façades de l'édifice deux versets du Coran. Voilà comment il les cite dans sa lettre du 18 juillet 1919 au capitaine Mirante (service des Affaires Indigènes au Gouvernement général en Algérie), deux jours après l'inauguration du monument :
Il s'agit des versets 169 et 170 de la sourate III :
(169) - et ne prends pas ceux qui furent tués sur le chemin de Dieu pour des morts. Oh non ! ils vivent en leur Seigneur, à jouir de l'attribution
(170) - joyeux de ce qu'Il leur dispense de Sa grâce, et d'avance contents pour ceux de leurs émules qui ne les ont pas encore rejoints : point de crainte à se faire sur eux, non plus qu'ils n'ont de mélancolie.
traduction Jacques Berque
Émile Piat termine sa lettre en précisant : "Ces versets, qui ont été choisis par le muphti Mokrani, ont reçu l’approbation des notables africains auxquels je les ai lus en leur apprenant qu’ils seraient inscrits sur le monument, car je n’ai pas eu encore la possibilité de les faire graver sur marbre." (source : Centre des archives d'outre-mer, Aix-en-Provence).
Michel Renard
mercredi 6 septembre 2006
lettre adressée à M. Hamlaoui MEKACHERA
projet de reconstitution de la kouba
de Nogent-sur-Marne
lettre adressée à M. Hamlaoui Mekachera
9 mai 2005
M. Hamlaoui Mekachera
Ministre délégué aux Anciens Combattants
37, rue de Bellechasse - 75007 Paris
Monsieur le Ministre,
L'importance que vous avez accordée à célébrer la mémoire des combattants de l'armée française, dans la diversité de leurs origines, et à insérer leur souvenir dans la conscience collective de la nation gagne à être saluée.
Elle mérite la gratitude des citoyens attentifs à l'histoire de la France et des hommes de tous horizons qui ont lié leurs noms et leurs sacrifices à son destin.
C'est la raison pour laquelle j'ai l'honneur de vous soumettre un projet de reconstitution de la kouba du cimetière de Nogent (1919).
Ce monument, aujourd'hui disparu, honorait le dévouement et la mort, au cours de la Première Guerre mondiale, de soldats musulmans provenant de l'espace colonial français.
Au cours de mes recherches, j'ai pu établir l'histoire de cet édifice :
- la kouba du cimetière de Nogent fut inaugurée en juillet 1919 grâce aux efforts d'Émile Piat, consul général attaché au cabinet du ministre des Affaires étrangères et chargé de la surveillance des militaires musulmans dans les formations sanitaires de la région parisienne.
- le gouvernement de la République fut pleinement engagé dans la démarche ainsi qu'en témoigne la présidence de l'inauguration par M. Fabre, sous-secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur en présence des délégués de l’Algérie, de la Tunisie et du Maroc.
- cette œuvre avait reçu le soutien du maire de Nogent, Émile Brisson, qui fit voter le 23 décembre 1917 par le Conseil municipal de cette ville, la délibération décidant de l'érection du monument. Elle fut également appuyée par Jean Mirante, des Affaires Indigènes au Gouvernement général d'Algérie, qui obtint une aide du "Souvenir français".
- ce monument fut élevé, à ses frais, par M. Héricourt, marbrier funéraire à Nogent dont le descendant, M. Martin, est toujours en activité dans cette commune et attaché au geste de son aïeul.
- dans les années 1970, elle était vétuste et en voie de dégradation, puis s'est effondrée en mars 1982 ; le sort malheureux de la kouba de Nogent est lié aux aléas de démarches administratives qui n'ont pas permis de désigner les autorités habilitées à décider et à financer sa restauration.
- la solution existe cependant puisque par une lettre du 17 février 1972, le ministère des Anciens Combattants envisageait sa participation financière à la réfection du carré militaire qui abritait l'édifice.
La reconstitution de la kouba du cimetière de Nogent-sur-Marne incomberait légitimement au ministère des Anciens Combattants et à la Délégation à la Mémoire et à l'Information historique qui assurent la mise en valeur des lieux de mémoire et l'entretien du patrimoine.
Elle marquerait comment la République assume, par-delà le temps, son devoir de mémoire à l'égard de tous ceux qui ont laissé leur vie pour défendre ses idéaux.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes salutations les plus respectueuses.
Michel Renard
professeur d'Histoire

la kouba du carré militaire au cimetière de Nogent-sur-Marne, édifiée en 1919
lettre adressée à M. Dalil BOUBAKEUR
projet de reconstitution de la kouba
de Nogent-sur-Marne
lettre adressée à M. Dalil Boubakeur
10 mai 2005
M. Dalil BOUBAKEUR
Recteur de l'Institut Musulman de la
Mosquée de Paris
as-salam ‘aleikum
Monsieur le Recteur et cher Dalil Boubakeur,
J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint copie du dossier que j'ai fait parvenir à M. Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux Anciens Combattants pour lui soumettre un projet de reconstitution de la kouba du cimetière de Nogent (1919).
Cet édifice, disparu en 1982, associait le caractère commémoratif dû aux soldats provenant de l'espace colonial français et morts pour la France, à la dimension religieuse comme le manifeste son architecture funéraire typique et les versets du Coran devant être gravés sur le frontispice.
La reconstitution de la kouba, incluse dans le carré militaire du cimetière de Nogent-sur-Marne, incombe aux pouvoirs publics chargés de la mise en valeur des lieux de mémoire et de l'entretien du patrimoine. Mais elle représenterait également une affirmation du caractère historique de la présence musulmane dans notre pays dont l'islam de France, après votre père Si Hamza Boubakeur, peut aujourd'hui réclamer le souvenir.
Avec mes sentiments respectueux et ma fraternelle amitié.
Michel Renard
professeur d'Histoire

la kouba du carré militaire au cimetière de Nogent-sur-Marne, édifiée en 1919
réponse de Dalil BOUBAKEUR
projet de reconstitution de la kouba
de Nogent-sur-Marne
réponse de Dalil Boubakeur
24 mai 2005

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la kouba du carré militaire au cimetière de Nogent-sur-Marne, édifiée en 1919











