tapis persan à la Mosquée de Paris

tapis offert par le Shah de Perse à la Mosquée de
Paris en 1927 et destiné à la salle de prière
la Perse et la Mosquée de Paris
en 1926 et 1927
Question
Representant de l'Iran lors de l'inauguration de la Mosquée de Paris
Bonjour
J'aimerais
savoir qui représentait l'Iran lors de la cérémonie d'inauguration de
la Mosquée de Paris. Reza Shah avait offert un tapis lors de cette
inauguration. Pourriez vous me confirmer si Javad Zahir ol Eslam a
représenté l'Iran lors de cette cérémonie ?
Merci de vos éclaircissements.
Ameneh Zahir
posté le 1er octobre 2008
Réponse
Bonjour,
Le tapis offert par Reza Shah Pahlavi, qui appartenait au palais impérial de Golestan à Téhéran et qui avait été tissé par la fabrique de Djanchaghan, ne fut pas remis lors de l'inauguration en juillet 1926 mais quelques mois plus tard, le 12-janvier 1927. À cette occasion, la personne que vous évoquez n'est pas citée parmi les membres de la légation de Perse. L'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Perse était Mirza Assadollah Khan Assad-Bahador. Il était acompagné de Farrokh Khan Braghon, premier secrétaire ; de Mir Nalsrollah Khan Entezam-Wesiry, deuxième secrétaire-; et du colonel Ali Khan Riazi, attaché militaire.
Michel Renard
vendredi, 14 novembre 2008 21:40
la kouba de Nogent reconstruite...!
la kouba du cimetière de Nogent (1919)
va être reconstruite
À la suite d'une nouvelle démarche entreprise directement auprès du Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, par l'association Études Coloniales, le gouvernement a manifesté son accord pour la reconstruction de la kouba de Nogent-sur-Marne. Le ministère des Anciens Combattants a saisi la Préfecture du Val de Marne et une première réunion s'est tenue le lundi 23 juin 2008 en mairie - cette dernière ayant approuvé ce projet déjà depuis l'année dernière.
Ainsi, quatre ans après la découverte de la correspondance entre le consul Émile Piat et l'officier Jean Mirante du Gouvernement général d'Algérie (Affaires indigènes) au Centre des archives d'Outre-mer à Aix-en-Provence, la mémoire de ce geste de fraternité qui a abouti à l'élévation de la kouba lors de la Première Guerre mondiale, va être perpétuée par la restauration de l'édifice.
(suite de l'article à venir)
Michel Renard

lettre du consul Émile Piat à Jean Mirante (Alger)
- Appel et souscription pour le reconstitution de la kouba de Nogent-sur-Marne (2007)
- Projet de reconstitution de la kouba (1919) du cimetière de Nogent-sur-Marne (Michel Renard, 2005)
- Versets du Coran sur la kouba de Nogent
- Lettre adressée à Hamlaoui Mekachera (9 mai 2005)
- Lettre adressée à Dalil Boubakeur (10 mai 2005)
- Réponse de Dalil Boubakeur (24 mai 2005)

emplacement de la kouba dans le carré militaire musulman
une image de la kouba (cpa)
une image de la kouba de Nogent
carte postale ancienne

"cimetière de Nogent-sur-Marne - Tombes des Coloniaux"
- Merci à Marc Cimpello (Le Havre) qui m'a aimablement communiqué cette image que je cherche depuis longtemps parmi les cartes postales anciennes (cpa).
Prisonniers arabes amenés sur l'île en 1882
Prisonniers arabes
amenés sur l'île Sainte-Marguerite
en 1882

gravure tirée de l'Illustration et légendée : "Prisonniers arabes amenés à l'ïle
Sainte-Marguerite - d'après le croquis de M. Daveau, notre correspondant à Cannes"
Il y a quelques mois, j'ai trouvé à la vente une image intitulée : "Prisonniers arabes amenés à l'île Sainte-Marguerite. - D'après le croquis de M. Daveau, notre correspondant à Cannes". Il s'agit probablement d'une image découpée dans l'Illustration et destinée à un usage mercantile. Elle ne comporte pas de date. On ne peut donc savoir si un article accompagnait cette image. Mais quelques éléments figurant au dos de celle-ci permettent de la situer :
- l'allusion à la représentation à la Comédie française de Barbérine, pièce de théâtre de Musset ;
- et l'annonce de la parution d'un opuscule de Georges Vicaire, Le récit du grand-père (souvenirs d'Alsace).
Ces événements datent de 1882.
La scène représente une douzaine d'hommes, vêtus de burnous blancs, sortant de deux barques et se dirigeant vers l'escalier qui mène au fort. Trois soldats les "accueillent" et deux autres hommes (civils ou soldats ?) s'affairent sur les barques. Comme la légende indique "d'après le croquis de...", il est possible que cette scène ne soit pas le reflet fidèle de l'événement. Mais elle évoque le séjour dans la prison de Sainte-Marguerite des Algériens condamnés par le pouvoir colonial à la déportation en métropole dans les années 1880.
À cette époque, le ministère de la Guerre avait fait conduire des détenus algériens à Sainte-Marguerite et le photographe niçois Jean Gilletta avait réalisé un cliché édité sous forme de carte postale. (voir article).
Michel Renard
Cimetière mamelouk à Sainte-Marguerite ?

entrée du "cimetière des Criméens", situé à côté (mais totalement distinct)
du cimetière musulman sur l'île Saint-Marguerite (Cannes) ;
il ne concerne en rien les Mamelouks des années 1815 (?) à 1820. © Michel Renard
Cimetière mamelouk à Sainte-Marguerite ?
Question posée par C. Menichelli
Bonjour,
Je présente une communication au XIIIe congrès de
coptolgie international de Marseille des 7-8-9 juin 2007. Une partie de
cette communication passe par La Légion Copte rentrée à Marseille en
1801 ; après la terreur blanche de juillet 1815, des "mamelouks" ont été
incarcérés (100 à 200 avec femmes et enfants) à l'île Sainte-Marguerite.
Certains sont morts et enterrés à l'île Sainte-Marguerite, des sites web indiquent "cimetière de Crimée et des
Mamelouks" Qui peut me renseigner sur ces Mamelouks de Sainte-Marguerite ?

"cimetière des Criméens", île Saint-Marguerite (Cannes). © Michel Renard
réponse
Peu de choses sont avérées au sujet du séjour des Mamelouks sur la plus grande des îles de Lérins, Sainte-Marguerite. D'après un article de L'Illustration, de 1844 (date précise ?) : "(…) Sous la Restauration, le fort de l'île Sainte-Marguerite eut pour hôtes, de 1817 à 1820, deux cents Égyptiens, hommes, femmes et enfants, remis en, liberté au bout de deux ans et demi, et dont quelques-uns habitent Marseille, où ils se sont établis et fixés." À ma connaissance, personne n'a encore cherché aux Archives départementales à Nice (puisque Sainte-Marguerite dépend de Cannes) ou de Marseille, ce qui pourrait nous renseigner plus avant.
En tout cas, le "cimetière de Crimée" ne concerne en rien les Mamelouks. L'enceinte qui porte ce nom a été aménagée tardivement. La stèle en forme de colonne tronquée qui se trouve en son centre a été élevée en 1893 par le Souvenir Français, d'après la date portée à sa base. Et la première photographie qui en a été faite montre qu'aucune sépulture n'est encore visible autour. On peut en tirer la conclusion que des tombes ont été creusées ailleurs dans l'île, au moment du décès de ces soldats musulmans des troupes françaises en Crimée (1854-1856) accueillis comme malades (ou convalescents ?) à Sainte-Marguerite. Puis que des réinhumations ont été opérées après 1893.
Mais, à ce jour, absolument aucune source ne permet d'identifier la trace de sépultures de Mamelouks sur l'île Saint-Marguerite. Le cimetière des Criméens n'a rien à voir avec cela. Les "sites web" qui évoquent ces questions sont souvent sous-informés.
Au final, rien n'interdit, non plus, d'émettre l'hypothèse que quelques Mamelouks ont été enterrés sur l'île, et qu'il a existé un premier cimetière dans lequel les soldats égyptiens de Napoléon furent ensevelis (?), puis (?) les premiers décédés parmi les prisonniers musulmans algériens (années 1840...), et, enfin (?), les "Criméens" avant leur réinstallation autour du monument du Souvenir Français. Qui donc trouvera ce cimetière ?
Michel Renard

la première image connue du monument érigé (1893) dans le "cimetière des Criméens"
sur l'île Saint-Marguerite ; on constate l'absence de sépultures autour
camps de Caïs à Fréjus (Michel Renard)
les "troupes noires" des camps
de Caïs à Fréjus
Michel RENARD
iconographie
_________________________________________________________________________________________

l'intérieur du camp vers 1920-1921 (carte postée le 18 avril 1921)

on se rend à la mosquée Missiri par la route des Combattants d'Afrique du Nord
- Musée des Troupes de Marine (à Fréjus)
Mosquée de Fréjus (1930)
Mosquée de Fréjus dans le Var
camp militaire de Caïs
Michel RENARD
En 1930 fut achevée la construction de la mosquée Missiri dans le camp de Fréjus (Var), réplique de la mosquée de Djenné au Mali. L'initiative en reviendrait au capitaine Abdel Kader Madenba, appuyé par le colonel Lame, commandant d'armes, selon un document des archives du Musée des troupes de Marine à Fréjus.

mosquée de Fréjus, 28 avril 2005 © Michel Renard
Si la Mosquée de Paris fut édifiée en style hispano-mauresque, la construction de la "mosquée Missiri" dans le camp de Caïs à Fréjus (Var), est une réplique de la mosquée de Djenné au Mali. Le nom "missiri" provient de la langue bambara et signifie simplement "mosquée", mais a fini par être utilisé comme nom propre.

L'ancienne mosquée de Djenné (Mali) vers 1906
C'est au XIIIe siècle que le souverain de cette cité saharienne, converti à l'islam, fit détruire son palais et édifier à la place une grande mosquée. Construite en banco, argile séchée, elle exige des restaurations régulières dues à la désagrégation par la pluie. Quand l'explorateur René Caillié (1799-1838) la visita en 1828, elle était livrée à des milliers d'hirondelles et en 1834 le chef musulman Sékou Ahmadou en fit bâtir une deuxième à proximité.
En avril 1893, le colonel français Archinard prit Djenné et trouva l'ancienne mosquée dans un état pitoyable. La restauration à l'identique fut, semble-t-il, souhaitée par le marabout Almamy Sonfo, ami de William Ponty, alors gouverneur du Soudan (actuel Mali). Sous le gouvernorat de Ponty (1904-1908), un financement de 18 000 francs fut obtenu, et les travaux durèrent de 1906 à 1907.
C'est ce monument qui servit de référence, en 1928, à l'édification de Fréjus où séjournait des milliers de soldats depuis que Galliéni y avait fait hiverner, dès 1915, les troupes venues de tout l’empire. L'initiative de la mosquée reviendrait au capitaine Abdel Kader Madenba, appuyé par le colonel Lame, commandant d'armes. Celui-ci dut défendre le projet contre les réticences :
«une mosquée, parce qu'elle évoque la pure essence de la doctrine coranique, présente, à certains esprits timorés, la coalition de l'Afrique entière, unie au Proche Orient, marchant contre l'Europe sous l'égide de l'Étendard vert».
En réalité, le raisonnement est d'abord "ethnico-culturel" et prend en compte l'importance numérique des soldats d'Afrique Noire dans les camps de Fréjus et les risques de laisser les Sénégalais «livrés à eux-mêmes, en dehors du temps consacré au service» c'est-à-dire «à des relations douteuses et à des habitudes d'intempérance auxquelles ils sont conviés par des mercantis indésirables».
Il faut donc : «Donner au tirailleur noir l'illusion, la plus fidèle possible, de la matérialisation d'un cadre analogue à celui qu'il a quitté ; qu'il y retrouve, le soir, au cours de palabres interminables, les échos du "tam-tam" se répercutant contre les murs d'une construction familière, évocatrice de visions susceptibles d'adoucir la sensation d'isolement dont il est parfois atteint, le placer, en quelque sorte, dans une ambiance natale. (…) Le choix du modèle de la construction-type ne procédait pas d'une conception de nature confessionnelle [c'est moi qui souligne, MR] ; cependant comme il s'agit d'un monument de caractère religieux, il est évident que les musulmans qui existent parmi les Noirs, ou les Comoriens, pourront se livrer, s'ils le désirent, à l'accomplissement des rites de leur culte».

mosquée de Fréjus, 28 avril 2005 © Michel Renard
De toutes les façons, l'édifice ne se prête pas à un exercice régulier de la pratique religieuse puisqu'il est ouvert à l'intérieur, ne comportant pas de toiture. Mais il existe dans les archives du Sirpa-Ecpa quelques clichés photographiques montrant des soldats en prière devant la Missiri de Fréjus.
Le journal l'Illustration consacra un article, le 2 juin 1928, à l'entreprise des officiers de Tirailleurs sénégalais :
«La future mosquée, de cette couleur rouge, sombre et vive à la fois, qu'avait le Pavillon de l'Afrique occidentale française aux Arts décoratifs, sera faite en agglomérés et en ciment. Ce sera une œuvre collective où chacun apportera sa part. Déjà, le maire de Fréjus a offert une partie des matériaux (sable et pierres) pour rien ; d'autre part, l'aviation maritime s'est chargée des transports ; enfin, la main d'œuvre, abondante et gratuite, sera assurée par la garnison et les coloniaux de là bas. Cependant, les frais demeurent encore considérables. Il faut prévoir, nous écrit le lieutenant-colonel J. Ferrandi, secrétaire général de "La France militaire", une dépense d'environ, 50 000 francs».
Le style de la Missiri de Fréjus est donc semblable au modèle africain, avec ses tours d'angle aux pinacles coniques et ses pointes implantées dans les murs et servant d'échafaudage lors des travaux d'enduisage. Mais le bâtiment est en béton et peint en ocre rouge pour rappeler la teinte du pisé. Il n'a aujourd'hui aucun usage cultuel, est classé monument historique depuis 1987, propriété du ministère de la Défense et placé sous la garde du musée des Troupes de Marine de Fréjus.
Michel Renard
(extrait du livre Histoire de l'islam et des musulmans en France
du Moyen Âge à nos jours, Albin Michel, 2006)
images anciennes

mosquée de Fréjus, carte postale écrite en 1955
images récentes
- reportage du 28 avril 2005, avec mes remerciements au lieutenant-colonel Champeaux, conservateur du Musée des Troupes de Marine
- liens vers le Musée des Troupes de Marine de Fréjus (pas de site officiel)
Les Nord-Africains aux côtés du peuple français (1944)
Les Nord-Africains aux côtés
du peuple français
Aucune investigation d'ampleur n'a encore été effectuée sur la place que les Nord-Africains musulmans prirent à la Résistance et aux combats de la Libération en métropole. Les références sont plutôt rares, et donc capitales mais le plus souvent difficiles à croiser. Il existe des indices réels qui sont négligés et, à l'inverse, des faits d'armes probablement imaginés... J'y reviendrai prochainement.
Un document
L'hebdomadaire Liberté, publié à Alger par le Parti communiste algérien, a fait paraître, le 19 octobre 1944, un article intitulé "Les Nord-Africains aux côtés du peuple français" et sous-titré "Les faits d'armes des Musulmans dans les combats de la capitale". Il est signé : Rabah ADJOUD, membre du bureau de la région Paris-Ville du Parti communiste. Son intérêt réside dans la précision factuelle. Mais l'historien souhaiterait pouvoir vérifier. D'autant qu'une formule comme celle-ci "tous les Nord-Africains se présentèrent en masse dans les bureaux des F.F.I.", relève plus de la rhétorique que de la positivité historique. Voici les principaux extraits de cet article.
Michel Renard
- Nous eûmes notre journal "El Hayat" qui tirait à 5000 ex. (...)
Des sections de Nord-Africains étaient créées un peu partout à Paris et en banlieue et se préparaient dans la lutte à unir nos deux peuples qu'une bande d'exploiteurs a toujours essayé de diviser. Nous prîmes une part active à toutes les manifestations décidées par le Parti pour préparer les masses à l'insurrection. C'est ainsi que rue Nationale dans le 13e, place Maubert dans le 5e, Belleville dans le 20e, rue du Commerce dans le 15e, rue du Croissant en l'honneur de Jaurès, etc. nous étions présents pour manifester notre haine contre les traitres de Vichy et contre les boches. (...)
(...) tous les Nord-Africains se présentèrent en masse dans les bureaux des F.F.I. installés un peu partout dans les quartiers de Paris (...)
Leurs faits d'armes ne se comptent pas : c'est le lieutenant F.F.I. Abd el-Kader, d'Oran qui tua, boulevard de la Gare, 3 Allemands avec un revolver de 6 mm 35, et en fit prisonnier deux.
C'est le F.F.I. Labèche, de Fort-National, qui avec son groupe récupéra 3 side-cars allemands et 2 camionnettes de munitions.
C'est le lieutenant F.F.I. Amrouche fils, 20 ans, de Sétif, qui, après dix citations reçues dans les F.T.P.F. du maquis, reçut une autre citation du maire de Montrouge pour avoir fait à lui seul 7 prisonniers allemands.
C'est le sergent Bourache qui, actuellement lieutenant F.F.I., mit son expérience à la disposition des policiers patriotes de la Préfecture de police et qui par suite de toutes ses actions d'éclat a été surnommé "le vainqueur de la cité".
C'est la section du 15e avec, à sa tête le camarade Mesbah, qui la première, prit la mairie du 15e pour la remettre entre les mains des patriotes.
C'est notre camarade Fayet Chabanne qui, le premier, est entré à l'École militaire par suite de l'assaut exécuté à la grenade contre les boches qui l'occupaient.
Quatre camarades sont tombés boulevard Diderot par suite de l'assaut donné à la gare de Lyon où les Allemands s'étaient retranchés.
Le peuple de Partis reconnaissant se recueille pieusement et dépose encore des fleurs à l'endroit où ils sont tombés. Gloire à tous ces héros, ils ont scellé dans le sang la fraternité qui existe et qui existera toujours entre le peuple français et le peuple nord-africain.
article du journal Liberté (hebdomadaire), Alger, jeudi 19 octobre 1944
signé : Rabah ADJOUD, membre du bureau de la région Paris-Ville
du Parti communiste
Centre des archives d'Outre-Mer, ALG - GGA - 7 CAB/58
_______________________________________________________
témoignage
reçu par courriel le 2 novembre 2007
Bonjour,
Je me présente, Karim ADJOUD, fils du neveu de Rabah
ADJOUD, j'ai appris effectivement par ma tante Juliette ADJOUD, son
appartenance au Parti Communiste de l'époque, sa participation à la
libération au titre de lieutenant FFI et une proposition de poste de député
qu'il a refusé car trop précoce à son goût.
Merci de parler de ces Français d'origines
Nord-Africaines qui ont contribué à la libération et la reconstruction du pays
au lendemain de la guerre...
Sincères salutations.
Karim ADJOUD
Si Kaddour ben Ghabrit : biographie
Si Kaddour ben Ghabrit : biographie
et dossier iconographique

Si Kaddour ben Ghabrit est le premier à gauche
Si Kaddour ben Ghabrit (1868-1954), un algérien entré au service de l'administration du protectorat au Maroc en 1892 et agent diplomatique français de grande envergure, a dirigé la Mosquée de Paris de 1920 à 1954, en tant que président de la Société des Habous des Lieux saints de l'islam fondée en février 1917.
une mise au point biographique
Kaddour ben Ghabrit n'est pas né en 1873, comme on le voit écrit parfois jusque sur le site de la Mosquée de Paris, mais en 1868 (à Sidi bel-Abbès en Algérie). Ses services en Algérie comme interprète et adel débutent en juillet 1887 : il aurait alors eu 14 ans (…!) si sa date de naissance avait été 1873.
Par ailleurs, il n'est pas seulement entré "facilement dans l'administration marocaine" comme le prétend également le site de la Mosquée de Paris, mais surtout dans l'administration française. Sa carrière auprès des organismes sultaniens, où il fut conseiller de législation musulmane, puis interprète général du gouvernement chérifien, se termine à la fin de l'année 1892. À cette date - il a vingt-quatre ans - il devient interprète-auxiliaire à la Légation de France à Tanger et entre ainsi officiellement dans les cadres du ministère des Affaires étrangères français.
(à suivre)
dossier iconographique
1) naissance

Sidi Bel-Abbès, commune de naissance de Si Kaddour ben Ghabrit

Sidi Bel-Abbès, une rue du quartier arabe (ici, au début du XXe siècle ?)

Sidi Bel-Abbès, mosquée (début du XXe s. ?)
2) à la Légation de France à Tanger

le bâtiment de la Légation de France à Tanger, probablement au début
du XXe siècle ; Si Kaddour ben Ghabrit y travailla

Légation de France à Tanger (avant 1911)

Tanger vu de la terrasse de la légation de France, Henri Duveyrier, 1885 (source)

Tanger vu de la dunette sur la terrasse de la légation de France, Duveyrier, 1885 (source)

Tanger, rue de l'ancienne Légation de France,
carte éditée en 1934
3) auprès du sultan du Maroc

à Vichy, ville thermale de l'Allier, Si Kaddour (à d.) et le sultan Moulay Hafid

à Vichy, Si Kaddour ben Ghabrit à droite ;
on se demanderait presque qui est le personnage le plus important...
à Vichy, Si Kaddour ben Ghabrit à droite

ben Ghabrit, derrière le sultan, s'apprête à descendre

tout à fait à gauche, ben Ghabrit

le sultan Moulay Hafid au volant et debout à d., Si Kaddour ben Ghabrit

Si Kaddour ben Ghabrit est debout, deuxième à partir de la droite (1911 ?)

Si Kaddour ben Ghabrit est au centre, traduisant pour Moulay Hafid (1911 ?)
Si Kaddour ben Ghabrit est au centre, à la gauche du sultan (1911 ?)

Si Kaddour ben Ghabrit est à gauche de la photo et le sultan au centre (1911 ?)

Si Kaddour ben Ghabrit est le premier en partant de la droite (visage de face)

Si Kaddour ben Ghabrit, à gauche (après 1912)
4) construction de la Mosquée de Paris, 1922-1926

22 mars 1922, cérémonie d'orientation de la mosquée, en présence de Si
Kaddour Ben Ghabrit, Ababou (chambellan du sultan) et Ben Sayah (astronome à Fès) ;
le gouvernement français était représenté par Maurice Colrat ; ici, on ne voit pas
la petite table de bois sur laquelle fut posée la boussole (la source indique par
erreur qu'il s'agit de la pose de la première pierre : celle-ci eut lieu
le 19 octobre 1922 en présence de Lyautey)

réception à l'Élysée en juillet 1926 : de g. à d., Aristide Briand,
Gaston Doumergue, président de la République, Si Kaddour ben Ghabrit,
le sultan Moulay Youssef et Édouard Herriot
(source : Mae, fonds iconographique, coll. A. Briand)

la délégation accompagnant le sultan Moulay Youssef, à Châlons-sur-Saône,
le 15 juillet 1926 ; Si Kaddour ben Ghabrit est le premier à gauche
le sultan Moulay Youssef, Lyautey et, derrière lui debout,
Si Kaddour ben Ghabrit à la mosquée de Paris, en 1926
5) Mosquée de Paris, 1926-1940

Si Kaddour Benghabrit, ministre plénipotentiaire makhzène
Kitâb Aâyane al-Marhrib 'l-Akça, Le livre des Grands du Maroc,
Edmond et Marthe Gouvion, éd. Paul Geuthner, 1939

Gaston Doumergue, président de la République, se rendit au Maroc
du 14 au 24 octobre 1930 ; Si Kaddour ben Ghabrit est à droite sur la photo

Aïd el-Kebir à la Mosquée de Paris, 26 mars 1934 (source)
à gauche, peut-être l'imam Ben Khalifat ; à la droite de Si Kaddour, Moulay Hafid,
ex-sultan du Maroc (qui meurt le 4 avril 1937)

"la fin du Ramadan fêtée à la Mosquée de Paris, 23 novembre 1938" (source)

Aïd el-Kebir à la Mosquée de Paris, probablement 1938 (source)

célébration de l'Aïd el-Kebir à la Mosquée de Paris en 1939

Si Kaddour ben Ghabrit à son bureau, années 1930...
6) période de l'Occupation, 1940-1944

14 mars 1941, restitution de l'Hôpital franco-musulman par les autorités allemandes ;
ici, accueil de Si Kaddour ben Ghabrit par un responsable français (source site Ina)

14 mars 1941, restitution de l'Hôpital franco-musulman ; échange de salutations entre
Si Kaddour et le prince Ratibor, adjoint au commandant allemand de Paris (Ina)
7) dignitaire musulman à Paris

en 1947 ; debout à droite, Valroff, secrétaire particulier Si Kaddour ben Ghabrit ;
juste au-dessus de Si Kaddour, Djelloul Yagoubi, son ami

après la Seconde Guerre mondiale

dans le jardin de la Mosquée de Paris en entrant sous le porche qui conduit au patio
8) décès et obsèques de Si Kaddour ben Ghabrit

dans le patio d'honneur de la Mosquée de Paris
(merci à M.L. Belabbes qui m'a aimablement transmis cette photo en juin 2009)

cérémonie devant le cercueil de Si Kaddour ben Ghabrit
9) sépulture de Si Kaddour ben Ghabrit

Si Kaddour ben Ghabrit a été inhumé à la Mosquée de Paris ;
pierre tombale au fond du jardin par rapport à l'entrée principale © Michel Renard

épitaphe au-dessus de la sépulture de Si Kaddour ben Ghabrit © Michel Renard
- lien : Si Kaddour, par le docteur Henri Dubois-Roquebert, chirurgien particulier de Sa Majesté le roi du Maroc, de 1937 à 1971
recherche et mise en édition : Michel Renard
* ce dossier est régulièrement pillé par de nombreux sites,
la moindre des corrections serait de mentionner la source
Voyageurs et écrivains égyptiens en France au XIXe siècle (Anouar Louca)
Voyageurs et écrivains égyptiens
en France au XIXe siècle
un livre de Anouar Louca (1970)
Avant-propos
Introduction :
Voyageurs égyptiens en France avant le XIXe siècle
Panorama du sujet. Limites, objets, méthode
Première partie : les missions scolaires
I) L'école égyptienne de Paris (1826-1835)
II) Rifa'a At-Tahtawi (1801-1873)
III) L'école militaire égyptienne (1844-1849)
IV) Ali Mubarak (1824-1893)
V) Les missions scolaires dans la seconde moitié du XIXe siècle
VI) Résultats
Deuxième partie : journalistes libéraux
I) L'Égypte Kédiviale et les journalistes bannis
II) Adib Ishaq (1856-1885)
III) Muhammad Abduh (1849-1905)
IV) Abou Naddara (1839-1912)
Troisième partie : touristes lettrés
I) L'Égypte aux Expositions Universelles de Paris (1867, 1878, 1889, 1900)
II) Abdallah Fikri et ses Compagnons (1889)
III) Les Voyages d'Ahmad Zaki (1892-1900)
IV) Al-Bakri et Al-Muwaylihi (1889-1900)
Conclusions
Notes complémentaires
Essai de Bibliographie systématique : Généralités ; Bibliographie de l'introduction, de la première partie et des deuxième et troisième parties
Index des noms de personnes
Index des noms de lieux
Index bibliographiques
table des matières analytique
Anouar Louca (12 avril 1927 - 4 août 2003)
- article de Fawziya Assaad dans al-Ahram (2003)
- les archives scientifiques de Anouar Louca (travaux préparatoires de ses publications, notes...) ont été déposées par sa veuve à la Bibliothèque publique et universitaire de Genève, département des manuscrits
- sur Rifâ'a at-Tahtâwî (1801-1874) : un article de Saïd Ismaïl Alî

Rifâ'a at-Tahtâwî,
auteur de l'Or de Paris




































